Noisy-le-Grand : Une adjointe au maire proteste au commissariat après quatre interpellations


Illustration. (photofort 77/shutterstock)

Des policiers ont été pris à partie à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) par une vingtaine de jeunes individus ce samedi après-midi. L’un des fonctionnaires a reçu un pavé sur la tête et quatre adolescents ont été interpellés. Dans la soirée, une adjointe au maire et une conseillère municipale se sont rendues au commissariat pour faire part de leur mécontentement.

Une patrouille de police de la compagnie de sécurisation et d’intervention de la Seine-Saint-Denis (CSI 93) s’est stationnée sur le parking du centre commercial Arcades, situé à proximité de la place des Fédérés. C’est à cet endroit que les forces de l’ordre ont interpellé un homme qui transportait 10 kilos de résine de cannabis, le mois dernier. Elles sont aussi régulièrement prises pour cible dans le quartier, lors de leurs interventions.

Les policiers ont avancé vers la place des Fédérés alors que le couvre-feu était sur le point de débuter. Ils ont alors aperçu un groupe d’une dizaine d’adolescents sans masque et se sont approchés pour procéder à leur contrôle. Ces derniers se trouvaient au niveau 0 de ce même parking. Lorsque les fonctionnaires leur ont annoncé qu’ils allaient faire l’objet d’un contrôle, l’un des jeunes a pris la fuite en courant.

Le policier encerclé et menacé

Un policier s’est lancé à sa poursuite et l’a rattrapé quelques centaines de mètres plus loin, puis arrêté à hauteur du clos des Aulnes. Lorsqu’il s’est retourné, le fonctionnaire s’est aperçu qu’une dizaine de jeunes individus étaient en train de l’encercler et lui ordonnaient de lâcher l’adolescent qu’il avait stoppé, sous peine d’être roué de coups.

Le fonctionnaire a aussi été menacé de mort et insulté selon son récit. « On va ta niquer petite salope », aurait notamment lâché l’un des adolescents. Face à cette situation et craignant d’être violemment agressé, il a demandé du renfort en empêchant le fuyard de reprendre la fuite. A l’arrivée de ses collègues, notamment de la Brigade territoriale de contact (BTC), la plupart des adolescents ont préféré quitter les lieux. Trois d’entre eux qui avaient menacé le policier ont malgré tout pu être interpellés.

Un pavé sur la tête

Durant ce laps de temps, le reste des adolescents qui se trouvaient dans le premier groupe faisant l’objet du contrôle, ont réussi à s’éparpiller dans le parking et l’un des policiers a été la cible d’un jet de pavé qui l’a touché à la tête, heureusement sans grande gravité. A l’hôpital, la victime s’est vu attribuer 3 jours d’Incapacité totale de travail (ITT).

Les quatre adolescents, tous âgés de 15 ans, ont été conduits au commissariat où ils ont été placés en garde à vue, notamment pour menaces de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Un peu plus tard dans la soirée, deux personnes se sont présentées au commissariat pour protester contre ces interpellations. Il s’agissait d’une adjointe au maire LR de la ville, et d’une conseillère municipale indique une source proche de l’enquête. « Elles ont exigé des explications concernant l’interpellation des quatre adolescents et ont mis en cause l’intervention des policiers alors même que l’un d’entre eux avait été blessé », détaille cette même source.

Au terme de leur garde à vue, les quatre adolescents ont été remis en liberté : trois ont fait l’objet d’un classement sans suite, le quatrième a écopé d’un stage de citoyenneté.

Une nouvelle agression le lendemain

Les policiers de Noisy-le-Grand ont été pris à partie dans le même quartier, le lendemain vers midi. Ils ont procédé au contrôle d’un homme sur la place des Fédérés et se sont aperçus lors des vérifications que ce dernier faisait l’objet d’une fiche de recherche émise par la Cour d’appel de Paris. L’homme avait quatre mois de prison ferme à purger.

Voyant qu’il allait être interpellé, il s’est soudainement mis à courir mais a été rapidement rattrapé. Les policiers ont alors été la cible de nombreux jets de projectiles sur la place, et trois grenades lacrymogènes ont été nécessaires pour faire reculer les agresseurs. Une policière a été légèrement blessée durant cette intervention et a déposé plainte. L’homme a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour rébellion et va être présenté à la justice concernant sa peine de prison à effectuer.