Oise : Blocage de la prison de Liancourt après la violente agression d’une surveillante devant son domicile


Les gendarmes ont tenté d'évacuer les surveillants pénitentiaires. (capture écran vidéo/Clément Lanot)

Mouvement de colère chez les surveillants pénitentiaires ce lundi matin qui ont décidé de se rassembler pour bloquer l’accès de leur prison. Une action qui fait suite à la violente agression d’une surveillante devant son domicile ce jeudi soir.


Ils ont décidé d’exprimer leur colère et leur ras-le-bol ce lundi matin à l’appel de plusieurs syndicats. Des rassemblements de surveillants pénitentiaires sont en cours devant leur prison, notamment à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Orléans (Loiret), Val-de-Reuil (Eure) ou encore à Marseille ou en Corse précise le syndicat SNP-FO.

Le même mouvement social se déroule au centre pénitentiaire de Liancourt (Oise) a débuté tôt dans la matinée. C’est dans cette prison que la surveillante violemment agressée jeudi soir travaille.

L’un des ses collègues s’est exprimé auprès du journaliste Clément Lanot. « Elle [la surveillante] se fait agresser devant chez elle, tabasser limite à mort, ce qui a sauvé la collègue c’est son mari qui a entendu des cris », explique-t-il, n’hésitant pas à faire une comparaison avec les deux policiers qui avaient été assassinés par un terroriste à Magnanville (Yvelines) en juin 2016, à leur domicile. « La seule chance qu’a eu la collègue, c’est que son mari a pu intervenir », insiste le surveillant.

« Oui on a peur », reconnaît le fonctionnaire. « J’ai peur pour les personnes qui m’entourent. On va faire les courses, il faut imaginer que je suis avec une femme et des enfants, je suis tranquille (…) et on va tomber sur trois ou quatre individus qui vont venir me faire chier. C’est la peur de ne pas être tranquille », ajoute-t-il.

Plusieurs dizaines de surveillants pénitentiaires étaient déjà mobilisés devant la prison de Liancourt alors que le jour n’était pas encore levé. Les gendarmes sont sur place et ont tenté de débloquer l’accès à la prison, dans une bousculade, sans y parvenir pour l’heure.

Rouée de coups devant chez elle

L’agression de cette surveillante pénitentiaire de 35 ans qui rentrait du travail est à l’origine de cette vague de colère dans la profession. Cette dernière a été rouée de coups devant son domicile et a reçu au moins un coup de barre de fer à la tête. Elle présentait des « plaies importantes » principalement au visage a indiqué le procureur de la République d’Amiens, Alexandre de Bosschère, et a reçu 16 agrafes sur le crâne à l’hôpital.

Le magistrat a fait état d’une « agression extrêmement grave ». Une enquête a été ouverte et deux suspects sont recherchés.