Paris : Un policier suspendu et désarmé pour radicalisation est réintégré, il dépose plainte


Illustration Actu17 ©

Hervé C., un capitaine de police suspendu en octobre pour des soupçons de radicalisation, réintègre les rangs de la police nationale ce vendredi, dans un autre service.

L’homme, musulman converti, travaillait dans un service pour la recherche de fugitifs et avait accès aux fichiers antiterroristes. Dès le 2 mars, il reprendra du service au sein de la police judiciaire parisienne, en charge de la fraude fiscale cette fois.

Une réintégration automatique au bout de 4 mois

L’officier de police, âgé de 39 ans, faisait l’objet d’une suspension administrative. Cette mesure ne peut dépasser quatre mois sans éléments justifiant une prolongation.

Hervé C. avait été suspendu et désarmé « par principe de précaution » après l’attaque au couteau de Mickaël Harpon, un employé radicalisé de la préfecture de police. Les signalements pour radicalisation s’étaient multipliés au sein de la police nationale après ce drame.

Les résultats d’une seconde enquête administrative attendus

Tout risque de radicalisation concernant le capitaine de police avaient été écartés par l’enquête administrative et le préfet de police de Paris, Didier Lallement, était au courant de cet état de fait depuis le mois de novembre dernier.


Toutefois, le préfet de police n’a pas souhaité le réintégrer et le réarmer, dans l’attente des résultats d’une autre enquête administrative portant sur une possible atteinte à la laïcité, révèle France Inter. Ils sont attendus d’ici deux semaines.

Son comportement signalé depuis 2011

Le comportement de l’officier avait été signalé dès 2011, après son mariage avec une avocate de confession musulmane et sa conversion. Ses collègues de travail avaient manifesté leur inquiétude face à son refus de tout contact avec personnel féminin, sa nouvelle barbe et ses discours sur la religion.

Des inquiétudes qui n’avaient pas disparu après la séparation du couple en 2018 et son comportement moins isolé. Il avait fait l’objet d’un nouveau signalement en 2019.

Des prières au bureau ?

Un témoignage a été recueilli sur procès-verbal par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) fait état de prières effectuées par le capitaine de police dans son bureau. La fonctionnaire à l’origine de cette déclaration affirme l’avoir vu, tandis que sept autres collègues, hommes et femmes, ont témoigné ne jamais avoir constaté cela ces dernières années.

Face aux enquêteurs, le policier avait reconnu avoir prié discrètement en 2012 dans un local utilisé par les femmes de ménage situé au sous-sol.

Une plainte pour discrimination

Hervé C. a donc déposé une plainte pour discrimination auprès de l’IGPN et saisi le défenseur des droits, a indiqué son avocat, Me Anass Khafif. L’officier de police « déplore profondément que des fonctionnaires, qui sont là pour servir l’intérêt des Français, ne sachent pas eux-mêmes déceler ce qu’est un phénomène de radicalisation. On mêle des fonctionnaires intègres à ceux qui ont commis l’irréparable », a déclaré son conseil.

L’homme a indiqué qu’il souhaitait aussi contester sa suspension et son désarmement auprès du Conseil d’Etat. À la suite de l’attentat de la préfecture de police de Paris, quatre fonctionnaires de police avaient été suspendus et neuf autres désarmés pour des soupçons de radicalisation.