Police : La CSI 93 partiellement démantelée alors que 17 enquêtes préliminaires sont ouvertes


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La préfecture de police a décidé de « dissoudre » en partie la Compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis (CSI 93). L’annonce a été faite ce mardi aux policiers concernés.


Les quelque 150 policiers qui travaillent à la CSI 93 ont appris ce mardi qu’ils allaient devoir choisir un nouveau poste rapidement. La préfecture de police a en effet décidé de dissoudre en grande partie l’unité départementale, dont plusieurs policiers sont visés par des enquêtes préliminaires et alors que six de ces fonctionnaires ont été placés en garde à vue ce lundi, dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Deux des trois groupes de la compagnie ainsi que le Groupe de soutien opérationnel (GSO) sont concernés par cette mesure administrative, tout comme les officiers de l’unité. Les policiers seront mutés dans un commissariat en région parisienne et doivent maintenant faire trois choix indique une source policière. Ils connaîtront leur nouveau poste d’ici quelques jours.

En outre, un découpage territorial des différentes CSI de la petite couronne parisienne devrait avoir lieu. Il est encore en cours de réflexion. La Compagnie de sécurisation et d’intervention de Paris (CSI 75) devrait, dans un premier temps, élargir son périmètre et travailler en Seine-Saint-Denis.

Des enquêtes pour vols, falsifications de PV ou trafic de stupéfiants

Le préfet de police de Paris Didier Lallement a donc choisi une mesure forte face aux nombreuses accusations dont font l’objet des policiers de la CSI 93. Selon franceinfo, pas moins de 17 enquêtes préliminaires ont été ouvertes par le parquet de Bobigny contre des fonctionnaires de cette unité. Des investigations pour vols, falsifications de procès-verbal, ou trafic de stupéfiants. L’IGPN enquêtait depuis le début de l’année 2019 sur des policiers de ce service nous souffle cette même source.


Six policiers de cette compagnie départementale ont été interpellés et placés en garde à vue dans les locaux de l’IGPN à Paris. Leur logement et leur vestiaire ont aussi été perquisitionnés. Ils sont soupçonnés d’avoir racketté des dealers et d’avoir réalisé de fausses procédures contre ces derniers, en leur extorquant de fortes sommes d’argent. Plusieurs délinquants ont déposé plainte pour ces faits ces derniers mois.

Un policier jugé le 5 novembre pour des violences sur un dealer

D’autre part, un gardien de la paix de la CSI 93 sera jugé le 5 novembre prochain au tribunal correctionnel de Bobigny pour « violences volontaires » et « faux en écriture publique » rapporte Le Parisien. Le fonctionnaire est accusé d’avoir frappé un dealer dans la cité Emile-Cordon à Saint-Ouen le 9 août 2019 et d’avoir menti dans son procès-verbal.

Ce jour-là, le policier en civil s’était approché du plaignant et lui aurait commandé de la résine de cannabis. Alors qu’il allait lui fournir la drogue, le dealer a raconté avoir été frappé et arrêté. Une vidéo amateur montrant partiellement les faits avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Le plaignant affirme également avoir reçu « des coups de pied sur la tête, des coups de taser sur les parties génitales à au moins trois reprises », alors qu’il était dans le fourgon des policiers pour être conduit au commissariat.

Le fonctionnaire avait quant à lui indiqué dans son procès-verbal d’interpellation, qu’il avait surpris en flagrant délit le mis en cause en pleine transaction de produits stupéfiants, et que ce dernier avait tenté de prendre la fuite.