Policière noyée dans la Seine en janvier 2018 : 2 policiers mis en examen


Amandine Giraud s'est noyée dans la Seine le 5 janvier 2018 après une série d'erreurs. (photos Remy Buisine / DR)

Amandine Giraud, policière affectée à la brigade fluviale de Paris, avait 27 ans lorsqu’elle est morte noyée dans la Seine au cours d’un entrainement. Deux policiers ont été mis en examen, l’enquête a démontré que de nombreuses erreurs avaient été commises.

Ce 5 janvier 2018, la Seine était en crue (3m21) avec un débit deux fois plus important qu’un hiver normal, rendant l’exercice de la brigade fluviale de Paris particulièrement dangereux, d’autant que l’endroit choisi (le bras de la monnaie) est réputé difficile explique BFMTV.

Amandine Giraud avait été habilitée à la plongée opérationnelle trois semaines seulement avant le drame et présentait d’importantes lacunes selon ses collègues. Sa hiérarchie s’était également opposée à ce qu’elle effectue certaines plongées au vu du débit trop important de la Seine. Le courant très violent rendait « totalement impossible la descente en immersion » indique un expert cité par la chaîne d’informations.

Le plongeur envoyé pour l’aider n’était pas équipé de sa bouteille d’air

La policière s’est rapidement retrouvée en difficulté une fois à l’eau. C’est alors qu’un second plongeur a été envoyé pour lui porter assistance, mais ce dernier n’était pas équipé d’un bloc de plongée, ni d’un tuba. « Il n’était pas équipé de sa bouteille d’air : lorsqu’il a plongé pour lui venir en aide, il s’est trouvé en difficulté, dans des eaux démontées et des conditions exécrables. Il a dû regagner le bateau », a indiqué le syndicat de police UNSA en avril 2018.

Le moniteur ainsi que le chef de bord n’avaient pas leur équipement de plongée et n’ont donc pas été en mesure d’intervenir. Ces derniers ont été mis en examen par un juge d’instruction.


La corde de vie a été lâchée sur décision du moniteur

Au moment des faits, le moniteur a pris la décision de larguer la ligne de vie, une corde qui reliait Amandine au bateau pensant qu’il allait la libérer du « courant très violent » qui l’entraînait. Mais la policière a coulé. Selon un expert et certains collègues de la victime, il aurait été nécessaire de démarrer le bateau afin de donner du mou à la jeune femme et de ne pas lâcher la corde de vie.

Pour le moniteur mis en examen, il s’agit d’une analyse de « mauvaise foi ». C’est ce qu’il a déclaré au juge d’instruction indique le média. « Je n’avais pas d’autre solution », a expliqué pour sa part le chef de bord, qui selon l’enquête administrative, aurait dû refuser que cet exercice soit réalisé. L’homme décrit par son avocat comme « dévasté », a depuis changé de poste.

« Amandine a été livrée à la Seine avec un équipement d’une quarantaine de kilos »

« La ligne de vie de la plongeuse a été lâchée au mépris du protocole, qui veut qu’auparavant, elle se soit délestée de sa bouteille d’air, de sa ceinture de plomb et ait gonflé son gilet, pour pouvoir se laisser dériver », avait expliqué UNSA Police. « Amandine a été livrée à la Seine avec un équipement d’une quarantaine de kilos, et elle n’est pas parvenue à gonfler son gilet. Amandine a coulé à pic. »

Le syndicat avait par ailleurs indiqué que la préfecture de police avait refusé l’assistance du RAID pour retrouver le corps de la policière. Le corps d’Amandine Giraud avait été repêché dans la Seine près de 4 mois après le drame, le 29 avril 2018.