Policiers attaqués à Herblay : un suspect mis en examen pour tentative de meurtre, deux hommes toujours recherchés


Deux policiers ont été grièvement blessés par balles au 33 avenue du Gros Chêne à Herblay. (photo Remy Buisine ©)

Le suspect de 28 ans qui s’était présenté au commissariat de Versailles (Yvelines) a été mis en examen. Son placement en détention provisoire a été requis par le parquet.

L’un des trois agresseurs des policiers de la police judiciaire à Herblay (Val-d’Oise) a été déféré et mis en examen ce mardi a indiqué son avocat, Joseph Cohen-Sabban, notamment à France Bleu. Âgé de 28 ans et bien connu des services de police, Lyes S. a été mis en examen des chefs de « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique » et « détention non autorisée d’arme de catégorie B en réunion ».

Les deux autres mis en cause sont toujours activement recherchés par les forces de l’ordre, alors que près de 300 policiers travaillent sur ce dossier. Une perquisition a été menée ce mardi dans les Hauts-de-Seine mais n’a pas permis de retrouver les deux fugitifs.

Selon l’avocate de Lyes S., Me Marie-Cécile Nathan, il a affirmé qu’il n’avait pas fait usage de l’une des armes à feu des policiers contre ces derniers. Le mis en cause conteste également avoir incité ses complices à attaquer les deux fonctionnaires de l’antenne de Cergy de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles. Il a toutefois reconnu qu’il était bien sur place au moment des faits et que les deux autres agresseurs étaient très alcoolisés.

Le récit important d’un des policiers attaqués

Néanmoins, le policier le moins gravement blessé – un major de police de 45 ans – a indiqué que Lyes S. avait eu un rôle actif lors de l’attaque rapporte Le Point. Il aurait incité ses complices à s’en prendre physiquement à eux a détaillé le fonctionnaire qui a pu être entendu, son pronostic vital n’ayant jamais été engagé. C’est l’un des deux fugitifs qui aurait ouvert le feu sur les victimes. Au total, sept coups de feu ont été tirés, six ont touchés les policiers. Le second qui est âgé de 30 ans est toujours dans un état grave à l’hôpital mais ses jours ne sont plus en danger a-t-on appris ce lundi.


Les trois agresseurs ont composé le « 17 » à 22h14 le soir de l’agression sauvage. « On se fait agresser, on se fait agresser… Des gitans, ils se font passer pour des policiers, ils ont des armes, des talkies-walkies, tout de la police, faites vite, s’il vous plaît », déclarent notamment les trois hommes au bout du fil. Leur voix se chevauchent et ces derniers sont même en capacité de donner la plaque d’immatriculation de la voiture de police précise l’hebdomadaire. Le trio était donc très probablement à proximité des victimes lors de cet appel.

Quelques minutes plus tard, c’est le major de police qui a composé le « 17 » pour donner l’alerte. Les trois agresseurs avaient disparu avec les deux armes de poing des fonctionnaires à l’arrivée des forces de l’ordre. L’appel au « 17 » passé par les mis en cause était-il une mise en scène avec l’intention de se disculper ? Les investigations devront le confirmer.

L’enquête se poursuit, elle est menée par la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué ce jeudi « des actes de grande sauvagerie »ajoutant que les deux policiers ont été « massacrés ».

Les proches des deux policiers grièvement blessés ont ouvert une cagnotte sur la plateforme Leetchi, pour les soutenir. Plus de 500 personnes y ont déjà participé. Vous pouvez y accéder ici.