Policiers sauvagement agressés à Herblay : les auteurs ont tiré sept fois, l’une des victimes «se bat contre la mort»


Deux policiers ont été grièvement blessés par balles au 33 avenue du Gros Chêne à Herblay. (photo Remy Buisine ©)

Deux policiers de l’antenne de Cergy (Val-d’Oise) de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles ont été grièvement blessés par balles ce mercredi soir, alors qu’ils étaient violemment agressés par trois individus.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin évoque un acte d’une « grande sauvagerie ». Les deux policiers ont été « massacrés » a-t-il insisté. L’un des deux fonctionnaires qui est âgé de 30 ans est toujours entre la vie et la mort ce jeudi matin. Il a été lynché et gravement blessé par plusieurs coups de feu, tout comme son collègue.

Les deux policiers en civil de la DRPJ étaient en surveillance, « en planque » dans une voiture banalisée vers 22 heures ce mercredi soir, au 33 avenue du Gros Chêne à Herblay, dans la zone industrielle des Bellevues, non loin d’un garage. Les fonctionnaires travaillaient dans le cadre d’une affaire de vol et séquestration. Ils ont été soudainement repérés et dérangés par trois individus.

Ces derniers les ont d’abord pris pour des membres de la communauté des gens du voyage indique une source proche de l’enquête. Les deux policiers ont décliné leur qualité au trio. Mais cela n’a rien changé. Ils ont été victime d’une agression ultra-violente et sauvage.

Le second policier est parvenu à donner l’alerte

Sortis de force de leur véhicule et très violemment roués de coups, les trois agresseurs leur ont volé leurs armes de service, deux Sig Sauer, avec lesquels ils ont ouvert le feu, alors que les victimes étaient au sol. Les enquêteurs ont retrouvé sept douilles de 9 mm sur place, ainsi qu’une cartouche non percutée du même calibre. L’un des policiers âgé de 30 ans, dont le pronostic vital est toujours engagé, a été touché de quatre balles : au niveau de l’abdomen, aux deux cuisses et à un genou. Il souffre également d’une fracture au crâne et était inconscient lors de sa prise en charge par le SMUR. Opéré durant la nuit à l’hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine), il est dans un état grave.


Son collègue, major de police, est âgé de 45 ans. Il a été blessé de deux balles, dans le genou et dans une cuisse. Il souffre également d’un traumatisme crânien. Le fonctionnaire est parvenu à donner l’alerte en composant le 17 sur son téléphone. Il a lui aussi été opéré et a été en capacité de donner des éléments aux enquêteurs. Le quadragénaire a reçu la visite de Gérald Darmanin ce jeudi matin, à l’hôpital de Pontoise.

Les auteurs ont également dérobé une radio Acropol aux policiers, ainsi que le téléphone du fonctionnaire le plus gravement blessé. Leur véhicule de service a aussi été dégradé par les agresseurs, à l’intérieur. Ces derniers ont pris la fuite avec les deux armes à feu et étaient toujours activement recherchés ce jeudi matin. Les policiers des Brigades de recherches et d’intervention (BRI) de Versailles et nationale font partie du dispositif de recherches selon cette même source.

« Une sauvagerie qui est devenue quotidienne »

Le ministre de l’Intérieur s’est également rendu au commissariat de Cergy ce jeudi matin et s’est exprimé devant la presse. « Ces personnes avaient, selon toute vraisemblance, la claire intention de tuer, puisqu’une tentative de meurtre est qualifiée comme tel par le procureur de la République », a déclaré Gérald Darmanin. « Ils ont, après avoir parlé – le mot roué de coups est trop léger – massacré littéralement ces deux policiers pendant un moment, où ils ont ensuite pris leurs armes pour tirer à sept reprises, et six fois les balles ont touché. L’un [des policiers] se bat pour la vie », a-t-il détaillé.

« Ce sont des actes de grande sauvagerie, (…) une sauvagerie qui est devenue quotidienne, contre des policiers, dont personne ne pouvait manifestement ignorer qu’ils étaient policiers », a poursuivi Gérald Darmanin. « J’ai une pensée pour ce policier qui, à 30 ans, se bat contre la mort ».

« Tout est mis en œuvre pour retrouver leurs auteurs », avait écrit le ministre de l’Intérieur sur Twitter peu avant 8 heures.


Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a de son côté réagi à cette violente attaque ce jeudi matin, au micro de BFMTV et RMC : « C’est un drame insupportable. J’espère bien sûr que les coupables seront arrêtés et jugés », a-t-il souhaité, adressant dans le même temps son « soutien » aux policiers.

La brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles est en charge de l’enquête qualifiée en « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en bande organisée » a annoncé le parquet.