Près de 25% des policiers confrontés à des pensées suicidaires selon une étude


Illustration. (photo NeydtStock/shutterstock)

40% des policiers affirment être en détresse psychologique. Un chiffre inquiétant qui est révélé ce lundi par une étude réalisée par la mutuelle des forces de sécurité MGP.

Le baromètre ne laisse pas de doute sur les difficultés rencontrées par les policiers depuis de nombreuses années. « Un quart des policiers » font face à des « pensées suicidaires » révèle une étude de la mutuelle MGP dévoilée par franceinfo et Le Monde. Pas moins de 6000 policiers dans toute la France ont participé à cette étude, en répondant à un questionnaire, entre février et mars dernier.

« Plus de 1 100 policiers se sont suicidés » au cours des 25 dernières années, ce qui représente 44 suicides par an. C’est 50% de plus que dans le reste de la population. Depuis le début de l’année 2021, au moins 16 policiers nationaux ont mis fin à leurs jours.

Les conditions de travail au centre du problème

Les résultats du baromètre montrent par ailleurs que « 40% des policiers sont en détresse psychologique » et que 24% ont également envisagé de se suicider ou ont entendu des collègues vouloir passer à l’acte durant les 12 derniers mois. La tranche de 30 à 34 ans est la plus touchée montre aussi l’étude. Les fonctionnaires affirment avoir des difficultés à jongler entre vie privée et vie professionnelle.

Les tensions avec la population pèsent sur les policiers mais en premier lieu, ce sont les conditions de travail qui sont au centre du malaise, dès le moment où l’atmosphère entre collègues n’est pas bonne ou que la hiérarchie n’est pas à l’écoute. Dans ce cas de figure, ce sont près de la moitié des policiers qui pensent au suicide note cette étude.

Hypertension et problèmes de dos

Le baromètre de la MGP montre aussi que les policiers sont en bonne santé. Ils boivent et fument moins que le reste de la population, font du sport, mais souffre d’hypertension pour 24% d’entre eux et de problèmes de dos pour 21%, souvent liés au poids de l’équipement qu’ils ont sur eux durant leur vacation.

Le président de la mutuelle, Benoît Briatte, affirme qu’il souhaite encourager et faciliter l’accès « aux consultations psychologiques » pour les policiers, ainsi que les actions de prévention dans les commissariats, dans le but d’améliorer leur bien-être au travail et donc leur santé psychologique.