Procès du lynchage d’un policier à Lyon : le parquet fait appel

Le palais de Justice de Nice. (Illustration/photo David Franklin/shutterstock)

Lors de son délibéré rendu ce mardi, le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé huit des dix prévenus accusés d’avoir lynché un policier hors service, en avril 2020. Les deux autres mis en cause ont écopé d’une peine de prison. Le parquet a décidé de faire appel.

Le parquet de Lyon a fait appel jeudi dans le procès de dix personnes accusées d’avoir violemment agressé un policier de Lyon en juin 2020, qui s’était soldé mardi par la relaxe de huit des prévenus. « On interjette appel pour huit prévenus sur dix, six des huit relaxés et les deux condamnés », a annoncé le parquet à l’AFP.

A l’issue de l’audience du 5 novembre 2021, deux hommes âgés de 19 et 20 ans ont été condamnés mardi à cinq ans d’emprisonnement, dont trente mois de sursis avec mise à l’épreuve, pour violence aggravée par trois circonstances : en réunion, avec arme et sur dépositaire de l’autorité publique. Cette peine correspondait aux réquisitions du ministère public, mais le parquet fait appel car le mandat de dépôt requis n’a pas été prononcé par le tribunal correctionnel.

Le parquet interjette également appel pour six des huit prévenus qui avaient été relaxés faute d’éléments suffisants pour établir leur participation aux faits, selon le tribunal. A l’audience, le ministère public avait requis pour ces prévenus deux ans et demi de prison ferme, considérant qu’ils avaient participé à une « scène unique de violence ».

Frappé à coups de poing et de pied, ainsi qu’avec une barre métallique

Les faits s’étaient produits le 14 juin 2020 vers 4h00 du matin, alors que le policier, hors service et en civil, rentrait d’une soirée avec sa compagne. Au moment où il allait traverser la rue, une voiture l’a frôlé et a fait demi-tour. Le conducteur est descendu en le traitant de « sale flic », selon son récit. Lors de cette première altercation, le policier a rendu des coups. Quelques minutes après, un groupe d’une dizaine d’individus s’est rué sur lui au moment où il arrivait devant la porte de son immeuble. Sa compagne a eu juste le temps de se mettre à l’abri.

A l’époque en poste au commissariat de Caluire-et-Cuire, commune limitrophe de Lyon, le fonctionnaire avait été frappé à coups de poing et de pied, ainsi qu’avec une barre métallique. Il avait subi 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT), souffrant notamment d’une triple fracture à la cheville.

A l’audience, les prévenus, identifiés par la vidéosurveillance et la téléphonie, ont reconnu leur présence sur les lieux, mais ont nié avoir commis les violences et assuré qu’ils ignoraient la qualité de policier de la victime. Deux mineurs soupçonnés d’avoir provoqué la première altercation et d’avoir rameuté le groupe sont renvoyés devant le tribunal pour enfants. L’audience a été reportée jeudi au 4 mars.