Reims : L’agriculteur qui avait ouvert le feu sur son voleur de carburant a été remis en liberté


La cour d'appel de Reims s'est prononcée en faveur de la remise en liberté de Jean-Louis Leroux ce jeudi. (capture écran Google)

Mis en examen pour tentative d’homicide et écroué après avoir ouvert le feu sur un homme qu’il soupçonnait de vouloir voler son carburant, la demande de remise en liberté de Jean-Louis Leroux a été acceptée par la justice.

Près de 500 personnes dont des agriculteurs ont manifesté à Reims ce jeudi matin pour réclamer la libération de Jean-Louis Leroux, 46 ans. L’homme a été mis en examen et placé en détention provisoire au début du mois de février, pour avoir tiré sur un homme qu’il soupçonnait de vouloir lui voler du carburant dans sa ferme se trouvant dans le village d’Ambrières (Marne).

L’avocat du mis en cause avait formuler une demande de remise en liberté qui était examinée ce jeudi par la cour d’appel de Reims. La justice a apporté une réponse favorable à la requête et Jean-Louis Leroux va être libéré sous contrôle judiciaire, en attendant la date de son jugement.

« Cette décision est une satisfaction pour nous tous »

L’affaire a provoqué de vives réactions dans le monde paysan et au-delà. Une marche de soutien a été organisée ce jeudi matin par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de la Marne. Les manifestants ont convergé jusqu’à la cour d’appel, là où la décision de libérer Jean-Louis Leroux a été prise.

« Cette décision est une satisfaction pour nous tous. On sait que l’usage des armes n’est pas une solution, on ne demande pas de se protéger ainsi, mais parfois des choses dramatiques se passe. Cette décision va dans le bon sens », a déclaré le président de la FDSEA Hervé Lapie, interrogé par France 3.

Les faits se sont produits dans la nuit du 31 janvier au 1er février dernier. Jean-Louis Leroux a pris en flagrant délit trois individus qui venaient de pénétrer sur son exploitation, les soupçonnant d’être venus pour lui voler du carburant dans son hangar.

L’un des individus, un jeune homme de 19 ans issu de la communauté des gens du voyage a été touché à l’intestin et au colon par un tir de l’agriculteur. Ses jours ne sont plus en danger mais il est toujours dans le coma et risque d’avoir des séquelles à vie.

Il a été « cambriolé entre 40 et 50 fois depuis 2015, y compris la veille des faits »

Jean-Louis Leroux avait déjà été victime de vols par le passé. Il a été « cambriolé entre 40 et 50 fois depuis 2015, y compris la veille des faits », explique Denis Droin, le maire d’Ambrières interrogé par Le Parisien. « Il y a de quoi être excédé », a poursuivi l’élu de 75 ans. L’avocat du mis en cause, Me Gérard Chemla, a de son côté précisé que son client avait déposé « entre 25 et 35 » plaintes ou mains courantes pour ces multiples vols.

« Il explique son geste en disant, d’une part, qu’il avait demandé à plusieurs reprises aux jeunes gens de s’arrêter, et d’autre part, il explique que c’est soit la panique, soit la peur, qu’il ne visait pas et qu’il ne pensait pas toucher quelqu’un », a ajouté l’avocat à BFMTV.

« On constate beaucoup de vols de carburant, de capteurs GPS voir même de tracteurs »

Des vols à répétition qui se produisent dans un contexte où les villages du canton sont isolés de tout et notamment de la gendarmerie. La plus proche se trouve à Vitry-le-François à environ 25 minutes de voiture.

« On constate beaucoup de vols de carburant, de capteurs GPS voir même de tracteurs », insiste Hervé Lapie. Et ce malgré l’installation du dispositif Demeter à la fin 2019. Il s’agit d’une cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole mise en place par le ministère de l’Intérieur.