Le lundi 24 août 2026 à 13:33
L'interdiction des téléphones portables dans les lycées entrera bien en vigueur à la rentrée, la semaine prochaine, a annoncé lundi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, à l'issue du Conseil des ministres. Emmanuel Macron a décidé de promulguer le texte, alors même que le Conseil constitutionnel a retoqué la mesure qui en constituait le cœur : l'interdiction faite aux moins de quinze ans d'accéder aux réseaux sociaux.
Le président de la République "a pris la décision de promulguer la loi", a déclaré la porte-parole devant la presse. L'échéance est donc maintenue : "l'interdiction des portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée avec un cadre juridique stable, consolidé et législatif", a souligné Maud Bregeon. En vigueur dans les écoles et les collèges depuis 2018, l'interdiction est ainsi étendue aux lycées, où elle vise également les autres objets connectés. Chaque établissement doit l'inscrire dans son règlement intérieur.
Ce que les Sages ont censuré
Le texte, définitivement adopté par le Parlement le 21 juillet, a été amputé le 14 août de son article 1er par le Conseil constitutionnel. Saisis par des députés socialistes et insoumis, les Sages ont estimé que le législateur ne pouvait pas instaurer une interdiction générale d'accès aux réseaux sociaux pour l'ensemble des moins de quinze ans, sans considération de la situation de chaque mineur ni des risques propres à chaque plateforme, sauf à porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression. Ils ont également relevé l'insuffisance des garanties entourant le dispositif de vérification de l'âge des utilisateurs, au regard du droit au respect de la vie privée.
Le gouvernement ne renonce pas pour autant au volet numérique. Emmanuel Macron a chargé le Premier ministre Sébastien Lecornu de "réfléchir" à une nouvelle rédaction du texte sur les réseaux sociaux, "qui prendrait en compte les remarques du Conseil constitutionnel", selon la porte-parole. "L'objectif du président de la République, c'est d'avoir un cadre stabilisé d'ici au printemps prochain pour protéger nos enfants et nos jeunes", a-t-elle rappelé.
Les chefs d'établissement redoutent des attroupements devant les lycées
Sur le terrain, les chefs d'établissement doutent toutefois de pouvoir appliquer la mesure dès le 1er septembre. Le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN-Unsa) pointe un calendrier trop serré, la circulaire ayant été publiée le 2 juillet, en plein été. Son secrétaire général, Bruno Bobkiewicz, plaide pour la création de "zones d'exception" au sein des lycées, où l'usage du téléphone resterait autorisé. À défaut, prévient-il, les lycéens quitteront l'enceinte de l'établissement dès la moindre pause pour se masser sur le trottoir, ce qui poserait un problème de sécurité aux abords des lycées. Aucune confiscation des téléphones n'est par ailleurs prévue.