Violences du 17 octobre : Gérald Darmanin annonce des dizaines de détentions provisoires et admet que l'État a «failli»

Le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de requérir la détention provisoire contre les pilleurs et les auteurs d'agressions contre les policiers. Il reconnaît par ailleurs un défaut de renseignement face à l'ultragauche.
Violences du 17 octobre : Gérald Darmanin annonce des dizaines de détentions provisoires et admet que l'État a «failli»
Gérald Darmanin le 15 juillet 2026 à l'Assemblée nationale. (Ninotnan / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 19 octobre 2026 à 10:12

La justice a déjà ordonné le placement en détention provisoire de dizaines de personnes interpellées lors des émeutes et des pillages du week-end, dont 13 à Marseille. Gérald Darmanin l'a annoncé ce lundi matin sur France 2. Le ministre de la Justice a fait état de 2 331 gardes à vue à 8 heures et a demandé une réponse pénale d'une "immense fermeté". Il a aussi reconnu que l'État avait "failli, incontestablement".

"J'ai donné des instructions pour que la réponse pénale soit d'une immense fermeté", a déclaré le garde des Sceaux. Il a précisé avoir demandé aux magistrats du parquet de réclamer systématiquement le placement en détention des auteurs de pillages et d'agressions contre les policiers : "J'ai demandé aux procureurs de la République de requérir la détention provisoire pour tous ceux qui pillent les commerces, attaquent les policiers."Les premières décisions sont déjà tombées. "Il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont 13 à Marseille", a indiqué Gérald Darmanin.

«Ce ne sont pas des lycéens»

Selon le ministre, la majorité des personnes interpellées sont des adultes. "70 % des personnes en garde à vue sont des majeurs, donc ce ne sont pas des lycéens", a-t-il souligné, avant d'ajouter : "Très souvent, ils sont connus des services de police et de justice."Plus de 80 % d'entre elles font l'objet de poursuites, un taux qui témoigne selon lui de la "fermeté" des parquets.

«Nous avons failli, incontestablement»

Gérald Darmanin a apporté son soutien à Laurent Nuñez, tout en admettant les failles du dispositif. "C'est un grand ministre de l'Intérieur, il y a un moment difficile. Nous avons failli, incontestablement, il l'a reconnu lui-même", a-t-il déclaré. Emmanuel Macron a refusé ce lundi la démission du ministre de l'Intérieur, présentée dimanche. "Ce qu'ont dit le président de la République et le ministre de l'Intérieur, c'est qu'il y a eu un défaut dans les renseignements", a poursuivi le garde des Sceaux.

Le ministre de la Justice a particulièrement pointé les lacunes des services de renseignement face à l'ultragauche. "Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste, il est fort contre la criminalité organisée, important contre les ingérences étrangères, mais manifestement il ne sait pas lutter correctement contre l'ultragauche", a-t-il estimé. Il a présenté cette mouvance comme l'une des menaces qui pèseront sur le pays dans les années à venir, aux côtés de la criminalité organisée et du terrorisme : "C'est un point très important car dans les années qui viennent, l'une des menaces qui touchent notre pays, ce sont les factieux d'ultragauche qui vont vouloir déstabiliser nos institutions."

Samedi, près de 1 500 commerces ont été visés à travers le pays, selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Les émeutiers s'en sont aussi pris aux mairies, saccageant ou détruisant notamment celles de Marseille et de Limoges (Haute-Vienne). Près d'un millier de policiers et de gendarmes ont été blessés lors de ces violences, survenues en marge de la journée de mobilisation contre la vie chère.