Un Colombien inculpé aux États-Unis pour son rôle dans l’assassinat du président haïtien

Illustration. (Christopher E Zimmer/shutterstock)

Mario Palacios est accusé d’avoir fait partie de la vingtaine d’assaillants qui a attaqué la résidence du président haïtien Jovenel Moïse, qui a été tué, tandis que son épouse a été grièvement blessée, en juillet dernier, à Port-au-Prince. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Six mois après le meurtre du président haïtien Jovenel Moïse dans sa résidence à Port-au-Prince, qui a aggravé la crise politique que connaît le pays, un Colombien a été inculpé aux États-Unis pour son rôle dans l’assassinat. Mario Palacios, 43 ans, est accusé d’avoir fait partie du groupe d’une vingtaine d’hommes ayant, le 7 juillet 2021, tué Jovenel Moïse et grièvement blessé son épouse dans leur résidence privée, située sur les hauteurs de la capitale haïtienne.

Bien qu’une quarantaine de personnes, dont une vingtaine de ressortissants colombiens, soient détenues à la prison de Port-au-Prince depuis cet été, l’enquête sur l’attentat commis contre le chef de l’État ne montre aucun signe de progrès, les identités des commanditaires restant inconnues.

Membre présumé du commando ayant assassiné Jovenel Moïse, Mario Palacios a été arrêté lundi au Panama lors d’une escale d’un vol en provenance de Jamaïque. Après avoir collaboré avec les enquêteurs américains, Mario Palacios, arrêté en octobre en Jamaïque, était en train d’être expulsé vers la Colombie quand il a été intercepté lundi. Il encourt la réclusion à perpétuité, a précisé le ministère de la Justice dans un communiqué.

Recruté initialement pour enlever le président haïtien

Le Premier ministre haïtien Ariel Henry, réagissant à cette inculpation, a déclaré vouloir « que la justice triomphe pour l’assassinat crapuleux de Jovenel Moïse, non seulement pour l’ancien Président mais aussi pour sa famille ainsi que notre nation », dans un message transmis par son bureau à l’AFP.

Cérémonie en l’honneur du président assassiné Jovenel Moïse à Port-au-Prince, en Haïti, le 20 juillet 2021 – AFP/Archives

Sous le coup d’une notice rouge d’Interpol pour « meurtre et complicité de meurtre », Mario Palacios avait été recruté en juin 2021 pour arrêter et enlever le président haïtien, selon la police fédérale américaine. Le plan aurait ensuite changé et le groupe, sous la direction d’un homme identifié comme « co-conspirateur numéro 1 », aurait été chargé de tuer Jovenel Moïse. Cet homme, à la double nationalité haïtienne et américaine, est en détention en Haïti.

Questions sans réponse

Mario Palacios a « accepté l’extradition volontaire » vers les États-Unis et a embarqué lundi soir sur un vol à destination de Miami, selon la responsable des services migratoires panaméens, Samira Gozaine. Faute de preuves suffisantes apportées par les autorités de Port-au-Prince, la justice jamaïcaine avait, au préalable, débouté la demande d’extradition émise par Haïti.

Le pays des Caraïbes, confronté à une grande pauvreté, reste miné par le pouvoir grandissant des bandes armées, qui s’immiscent dans la crise politique. Samedi, les cérémonies officielles de la fête nationale ont tourné court après que des affrontements ont opposé policiers et groupes armés dans la ville des Gonaïves, à 150km de Port-au-Prince.

Le Premier ministre affirme avoir échappé à un assassinat

Ariel Henry, nommé par Jovenel Moïse deux jours avant son meurtre et qui assure de fait les affaires courantes, a dénoncé une tentative d’assassinat contre sa personne, affirmant se sentir « dans la ligne de mire des gens » dans un entretien à l’AFP lundi. Sous des rafales de tirs d’armes à feu, le Premier ministre et les officiels présents ont été contraints de fuir précipitamment la ville où la déclaration d’indépendance d’Haïti a été signée, le 1er janvier 1804.

Le meurtre de Jovenel Moïse, qui a choqué le pays, a suscité quantité de questions qui demeurent encore sans réponse. Qu’un commando armé ait pu pénétrer jusque dans la chambre du couple présidentiel, sans qu’aucun policier de sa garde rapprochée ne soit blessé, étonne la population qui vit quotidiennement sous la menace des enlèvements crapuleux commis par les gangs.