Accident mortel à Grenoble : seconde nuit de violences urbaines dans le quartier Mistral.


Illustration. (Shutterstock)

Deux jeunes de 17 et 19 ans ont été tués lors d’une collision accidentelle avec un autocar ce samedi soir alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Des violences urbaines ont de nouveau éclaté dans la nuit de dimanche à lundi.

Nouvelle nuit de violences urbaines à Grenoble (Isère), dans le quartier Mistral. Une quinzaine de véhicules ont été incendiés, tout comme deux engins de chantier, des locaux de la commune ainsi que des poubelles.

8 véhicules du service de la voirie de la ville de Grenoble figurent parmi ceux qui ont été brûlés. 55 sapeurs-pompiers ont été mobilisés et le calme est revenu vers minuit.

Déjà dans la nuit de samedi à dimanche, des violences urbaines ont éclaté dans ce même quartier. Le cantonnement de la CRS 47 a été attaqué par une quarantaine d’individus comme nous l’avons indiqué hier.

Les policiers ont été visés par des cocktails Molotov et ont répliqué par des tirs de Lanceurs de balles de défense (LBD 40) ainsi que par des moyens lacrymogènes notamment. Plusieurs véhicules avaient là aussi été incendiés.


Le scooter était volé et sans plaques d’immatriculation

Le parquet a ouvert une information judiciaire afin d’éclaircir les circonstances précises de la mort des deux jeunes de 17 et 19 ans ce samedi soir vers 23 heures. Ces derniers se trouvaient sur un scooter de grosse cylindrée qui avait été volé. D’autre part, ils ne portaient pas de casque. Le deux-roues était aussi dépourvu de plaques d’immatriculation.

Un scooter similaire avait été repéré plus tôt dans la soirée par un équipage de police alors qu’il avait commis plusieurs infractions routières. Une patrouille de la BAC a ensuite repéré et suivi le deux-roues mais le conducteur ne s’est pas arrêté et a pris la fuite.

Les enquêteurs ont la conviction qu’il s’agit du scooter repéré peu avant, mais ils n’en ont pas encore la preuve formelle.

Un dépassement par la droite

Selon les premiers éléments de l’enquête, le conducteur du car a expliqué avoir vu arriver le scooter dans son rétroviseur alors qu’il était suivi par un véhicule de police. Il a serré à droite pensant laisser passer les deux véhicules, mais au même moment, le conducteur du scooter avait décidé de le dépasser par la droite.

Le deux-roues s’est retrouvé coincé contre le parapet a précisé le parquet lors d’une conférence de presse ce dimanche soir.

Les deux jeunes sur le scooter ont été déclarés morts sur les lieux de l’accident et n’ont pu être sauvés par les secours. Par ailleurs, le conducteur de l’autocar n’avait pas consommé d’alcool ou de produits stupéfiants montrent les prélèvements effectués.

L’intervention de la police « totalement justifiée »

« J’ouvre une information pour recherche des causes du décès. Je ne vise aucune infraction commise par les uns ou les autres » a expliqué le procureur de la République Éric Vaillant, indiquant que l’enquête ne faisait « que débuter ».

Le magistrat a évoqué la piste « d’un accident » et a précisé que l’intervention de la police était « totalement justifiée ». Les policiers n’auraient pas suivi les deux jeunes à scooter « s’ils n’avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, et ce à vive allure ».

Éric Vaillant a par ailleurs reçu « les pères, les oncles, une sœur des deux jeunes » pendant plus d’une heure.

Le 24 février dernier, des policiers avaient été violemment pris à partie dans le quartier Mistral après avoir interpellé un individu âgé de 18 ans, en possession d’une centaine de barrettes de cannabis.