Attentat à Lyon : Le suspect, Hichem M., a expliqué aux enquêteurs vouloir créer un sentiment d’insécurité


L'explosion d'un colis piégé a blessé 13 personnes ce vendredi vers 17h30 à Lyon. (photo préfecture)

En plus d’affirmer avoir fait allégeance au groupe État islamique (EI), Mohamed Hichem M. a expliqué aux enquêteurs qu’il avait eu l’intention, en commettant cet attentat, de créer un sentiment d’insécurité et de peur.

Mohamed Hichem M. a été mis en examen avant d’être placé en détention provisoire ce vendredi. Durant sa garde à vue, il a reconnu avoir prêté allégeance au chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Mais lors de ses auditions, le mis en cause a détaillé ses motivations aux policiers.

L’homme âgé de 24 ans qui est un ressortissant algérien, a reconnu sa volonté de créer un sentiment d’insécurité dans un lieu qu’il a jugé « banal », où les gens se rendent quotidiennement, révèle BFMTV. Le suspect fait référence à la boulangerie « Brioche dorée » de la rue Victor Hugo de Lyon, où il a déposé l’engin explosif qui a explosé quelques instants plus tard, faisant 14 blessés.

Semer la peur

Il a en outre affirmé avoir volontairement utilisé du TATP, ce puissant explosif, plutôt que de la nitroglycérine, ajoutant que son but était de semer la peur et non de tuer.

Des explications qui pourraient ne pas convaincre les juges puisque l’engin explosif était composé de « 250 à 400 grammes de TATP ». Une charge qui aurait pu causer des dégâts particulièrement graves.


Radicaliser ses futurs co-détenus

Toujours selon la chaîne d’informations, Mohamed Hichem M. a expliqué avoir délibérément laissé des indices afin que les policiers remontent jusqu’à lui, déclarant qu’il avait l’intention de radicaliser ses co-détenus une fois qu’il serait en prison. Le mis en cause avait réalisé de nombreux achats sur le site Amazon, notamment les piles qui ont été retrouvées dans l’engin explosif qui n’aurait pas fonctionné comme prévu.

Le suspect a été écroué à la prison de la Santé à Paris, il est actuellement placé à l’isolement précise le média.

Pour faire monter les votes pour le RN

Sur le choix de la date, le 24 mai, le mis en cause a affirmé qu’il avait volontairement choisi d’agir peu avant le scrutin des élections européennes, dans le but de faire monter le score du Rassemblement national (RN), le seul parti « capable d’emmener un jour la France en guerre, et capable de déstabiliser le pays », selon ses déclarations.