Attentat de Lyon : Les enquêteurs disposent de nombreux éléments qui incriminent Hichem M., le suspect principal


Le suspect est visible sur les enregistrement de vidéosurveillance. Il est activement recherché.

Au lendemain de l’interpellation de Hichem M. et de trois de ses proches, les enquêteurs disposent déjà de nombreux éléments qui mettent en cause cet étudiant algérien de 24 ans, à commencer par son ADN qui a été retrouvé sur le lieu de l’explosion du colis piégé.

Il a fallu 48 heures aux enquêteurs pour identifier Hichem M., le suspect principal de cet attentat au colis piégé. Les 90 policiers assistés de 30 techniciens de la police technique et scientifique, qui sont en charge de cette enquête, ont étudié minutieusement les vidéosurveillances de la ville pour retracer le parcours du suspect. Une étude de la téléphonie a également été réalisée, d’autant que l’engin explosif a été déclenché à distance, par l’intermédiaire d’un détonateur relié à un téléphone comme nous l’avons révélé.

Les éléments retrouvés par les enquêteurs sur le lieu de l’explosion ont montré que l’engin explosif qui disposait d’un système de mise à feu sophistiqué, n’avait pas fonctionné comme prévu. L’explosion n’a été que de faible puissance. Ce dernier contenait des vis de 2 cm, des boulons mais aussi des billes en acier et des piles LR6.

Les policiers ont par conséquent été en mesure de récupérer quelques éléments de cette bombe, qui étaient intacts. Un ADN a rapidement été isolé, il a été relevé à trois reprises sur les restes de l’engin explosif précise Le Progrès.

Eau oxygénée et acétone commandés sur Amazon

Durant leurs investigations, les enquêteurs se sont intéressés à un individu de 24 ans, un étudiant algérien qui réside chez ses parents à Oullins, au sud-est de Lyon, à 15 minutes en voiture du lieu de l’explosion.


Les policiers de la DCPJ et de la DGSI ont alors constaté que le suspect avait acheté en mars dernier sur le site Amazon, des piles de type LR6, comme celles retrouvées dans l’engin explosif, des circuits électroniques mais aussi plusieurs litres d’eau oxygénée et de l’acétone ; deux éléments qui constituent le TATP, ce puissant explosif utilisé pour ce colis piégé. Le mis en cause s’était aussi fait livrer du matériel de survie, depuis janvier 2018.

350 appels et témoignages

Dans le même temps, les policiers ont reçu « 350 appels, témoignages et 30 mails supplémentaires », a indiqué ce mardi matin Christophe Castaner, indiquant que cela avait donné de nouveaux indices aux enquêteurs. Le suspect a été identifié dès dimanche a confirmé le ministre de l’Intérieur au micro de CNews.

Une surveillance a été mise en place autour du domicile de cet homme, Mohamed Hichem M. L’homme sera finalement interpellé ce lundi matin vers 09h55 après sa descente du bus qu’il venait de prendre à partir de chez lui. Il n’a pas opposé de résistance et a été placé en garde à vue. Son frère qui est un jeune lycéen, sa mère puis son père ont également été placés en garde à vue. Sa sœur a été entendue par les enquêteurs dans le cadre d’une audition libre.

Les enquêteurs ont d’autre part pu confirmer que l’ADN retrouvé à trois reprises sur le lieu de l’explosion, est bien celui de Hichem M.

Des composants du TATP, des vis et des boulons découverts chez lui

Lors de la perquisition au domicile du suspect, qui est celui de ses parents, à Oullins, les policiers ont fait de nouvelles découvertes qui incriminent Hichem M. Des restes de composants chimiques qui constituent le TATP ont été saisis, mais également des vis et des boulons indique Le Point. Les policiers ont retrouvé un emballage de piles LR6 de la même marque que celles utilisées pour l’engin explosif déposé rue Victor-Hugo vendredi.

En outre, un récipient jeté dans une poubelle à l’extérieur de l’appartement du suspect a été retrouvé par les policiers. Les démineurs sont intervenus vers 22h30 pour neutraliser cet objet, qui contenait des restes de TATP précise Le Progrès.

Les enquêteurs ont également retrouvé dans l’immeuble, le vélo qui apparaît sur les images de vidéosurveillances.

Un suspect inconnu de la police et des services de renseignements

En garde à vue, Hichem M. est resté jusqu’ici silencieux. L’homme né à Oran (Algérie) en 1995 n’a pas exprimé de revendications ou de motivations et aucun élément le reliant à l’islam radical n’a été découvert à ce stade selon une source policière. Ce dernier était par ailleurs inconnu des services de police et de renseignements.

Le mis en cause a fait des études d’informatique qui pourraient expliquer la sophistication de l’engin explosif qu’il a selon toutes vraisemblances, déposé lui-même ce vendredi vers 17h30, rue Victor-Hugo, faisant 13 blessés.

Quelles sont les motivations de Hichem M. ?

Après avoir obtenu une licence à Oran, Hichem M. a rejoint sa famille dans la banlieue de Lyon en 2017 et a fait une demande de visa étudiant. Il a ensuite tenté de s’inscrire à l’école Epitech et travaillait en tant que surveillant au lycée Ampère, dans le IIe arrondissement de Lyon. « Ses parents sont en France avec un titre de séjour régulier, ils sont bien intégrés, c’est aussi la dimension humaine à laquelle je pense », a précisé Christophe Castaner ce mardi matin.

« Je n’ai pas de doute sur le fait que nous avons actuellement en détention le responsable », a aussi affirmé le ministre de l’Intérieur au sujet du suspect principal Mohamed Hichem M.


Les enquêteurs doivent désormais déterminer si le mis en cause principal a reçu de l’aide de la part d’une ou plusieurs personnes pour mener son attaque, mais aussi identifier quelles sont ses motivations. Sa garde à vue tout comme celle de ses proches, peut durer jusqu’à 96 heures.