Chahinez Daoud tuée par son mari à Mérignac : six policiers devant le conseil de discipline

Rassemblement à Mérignac, en Gironde, le 5 mai 2021 en hommage à la femme brûlée vive en pleine rue par son mari, près du lieu du drame - AFP/Archives - Tous droits réservés. © 2022 Agence France-Presse

Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), avait conclu que des fautes ou erreurs d’appréciation avaient été commises par plusieurs policiers, suite au féminicide de Chahinez Daoud à Mérignac, près de Bordeaux (Gironde) en mai dernier, tuée par son mari.

Six policiers, dont le patron de la police en Gironde, sont convoqués ce mardi devant deux conseils de discipline dans le cadre de la procédure administrative ayant suivi le féminicide de Mérignac, près de Bordeaux, où un homme avait brûlé vive en mai sa femme en pleine rue, selon une source policière. Quatre officiers et commissaires, dont le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) en Gironde Martin Levrel, sont convoqués à Paris tandis que deux brigadiers le sont à Bordeaux.

Le 4 mai, à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, Chahinez Daoud avait été blessée par balle avant d’être immolée par le feu dans la rue par son mari violent dont elle était séparée. Déjà condamné pour des faits de violences conjugales, ce dernier, qui venait de sortir de prison, avait de nouveau menacé son épouse. Elle avait déposé une plainte deux mois avant d’être tuée.

En septembre, un rapport de l’IGPN, la « police des polices », avait établi que des fautes ou erreurs d’appréciation avaient été commises par plusieurs agents dans le cadre de ce féminicide qui avait déclenché une vague d’émotion. Dans ses conclusions, l’IGPN ne préconisait cependant pas la convocation devant le conseil de discipline, une décision prise finalement par le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux.

Parmi les quatre supérieurs hiérarchiques – trois hommes et une femme – figurent, outre le DDSP, le commandant de la Division ouest et son adjointe ainsi que le commissaire de Mérignac. Les sanctions susceptibles d’être proposées par les instances disciplinaires, où sont présentes les organisations syndicales, seront ensuite transmises à la Direction générale de la police nationale (DGPN) qui décidera in fine de les valider ou non.

L’un des policiers avait été condamné pour « violences habituelles sur son ex-conjointe »

Plus tôt, en juillet, le Canard Enchaîné avait révélé que le policier de Mérignac qui avait pris la plainte de Mme Daoud le 15 mars avait été condamné le 10 février à huit mois de prison avec sursis probatoire par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour « violences habituelles sur son ex-conjointe ». Un conseil de discipline s’était réuni en septembre à Bordeaux pour examiner son cas.

Selon des sources syndicales, le fait que ce gardien de la paix a été privé par le tribunal de son droit d’éligibilité pendant un an a conduit à sa radiation de la police nationale. Autre conséquence de cette affaire, l’ancien DDSP de Gironde Patrick Mairesse a été sanctionné d’un blâme, sans convocation disciplinaire, selon ces même sources. Il avait été remplacé dans cette fonction en mars par M. Levrel, devenant directeur zonal de la sécurité publique.