Féminicide de Mérignac : le policier qui a pris la plainte pourrait faire l’objet d’une exclusion d’un an


Illustration. (Jose Hernandez/Camera 51/shutterstock)

Le conseil de discipline a proposé une exclusion de deux ans dont un an ferme contre le policier qui avait pris la plainte de Chahinez Daoud, cette mère de famille sauvagement tué par son mari récidiviste, en mai dernier à Mérignac (Gironde). Le fonctionnaire est accusé d’avoir mal fait son travail, ce qui a eu des conséquences sur la suite de la procédure.

Chahinez Daoud était âgée de 31 ans lorsqu’elle a été tuée dans des circonstances atroces par son mari, le 4 mai dernier, en pleine rue. L’affaire a provoqué une vive émotion en France. Une mission d’inspection diligentée par les ministères de la Justice et de l’Intérieur avait alors été lancée.

L’enquête a mis en cause la responsabilité du policier qui avait pris la plainte de la mère de famille, le 15 mars 2021. Ce jour-là, elle venait dénoncer une nouvelle agression de la part de son mari commise dans la matinée. Le rapport de la mission d’inspection a souligné que « la grille d’évaluation du danger et la fiche d’évaluation des victimes » avaient bien été « remplies » puis transmises par le policier au parquet, mais qu’il existait, « un doute sérieux sur le soin avec lequel ces grilles ont été renseignées ».

Le policier est passé en conseil de discipline ce mercredi à Bordeaux. Il pourrait écopé de deux ans d’exclusion dont un an ferme écrit Le Parisien. Cet avis va être transmis à Paris au bureau des affaires disciplinaires, puis entériné, ou non, par le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, qui est également en mesure d’alourdir ou d’alléger cette sanction.

Le fonctionnaire visé avait été condamné en février dernier à 8 mois de prison avec sursis pour des violences commises sur son épouse, par le tribunal correctionnel de Bordeaux. En l’attente de son passage en conseil de discipline, qui traite les sanctions administratives, il avait été affecté aux plaintes.

Le tueur présumé avait été condamné en juin 2020

Mounir Boutaa, 44 ans, le mari accusé du meurtre de sa femme, avait été condamné le 25 juin 2020 à Bordeaux à 18 mois de prison, dont neuf mois avec sursis et mandat de dépôt à l’audience pour « violences volontaires par conjoint » en récidive, sur la même victime, a indiqué le parquet de Bordeaux. L’homme, qui a la double nationalité franco-algérienne, « avait obtenu, à compter du 5 octobre », une mesure de placement extérieur spécifique pour les auteurs de violences conjugales. Chahinez Boutaa a été touchée par plusieurs balles avant d’être aspergée d’un liquide inflammable, et brûlée.