Coronavirus : 2 infirmières libérales agressées par des individus armés à Marseille durant leur tournée


Illustration. (Shutterstock / Olena Yakobchuk)

En première ligne face à la pandémie de coronavirus, les soignants sont de plus en plus souvent victimes d’agressions. Cette fois, deux infirmières libérales de Plan-de-Cuques, commune limitrophe de Marseille (Bouches-du-Rhône), ont été ciblées par des assaillants armés.

« Un homme est sorti et m’a mise en joue avec une arme à feu ». Le témoignage de Florence est glaçant. Cette infirmière libérale de Plan-de-Cuques venait de débuter sa tournée pour aller visiter des malades, ce samedi vers 6 heures, lorsqu’elle a été surprise par deux voitures arrêtées en pleine voie devant elle à un rond-point. La soignante a été prise en chasse par ces inconnus, selon son récit à France Bleu.

Elle force le passage pour s’échapper

L’un des deux véhicules, une Volkswagen Golf, l’a doublée à hauteur du collège Olympe de Gouges, et un homme en est sorti en la mettant en joue avec une arme de poing. « Je me suis dit : c’est lui ou moi… » confie la soignante. Elle a forcé le passage, ce qui a poussé le malfaiteur à s’écarter.

Elle a réussi à les semer, avant de se réfugier chez un patient domicilié dans le quartier de La Montade et d’alerter la police. L’infirmière s’est ensuite rendue à son cabinet vers 7 heures, où elle a découvert que sa consœur avait aussi été agressée.

Des coups de crosse sur le crâne

L’associée de Florence, une infirmière libérale âgée d’une soixantaine d’années, a subi elle aussi une violente agression. Cette dernière venait de faire face à des individus armés, également à Plan-de-Cuques, qui l’ont extraite de sa voiture. Les malfaiteurs ont fait main basse sur ses affaires avant de lui porter des coups de crosse sur le crâne, lui causant des blessures.


Les pompiers l’ont prise en charge et l’ont transportée à l’hôpital des armées Laveran, dans le 13ème arrondissement de Marseille, où on lui a posé des points de suture.

« Honte à vous ! », lance le président de région

« Nous sommes plus vulnérables. Nous avons tout notre matériel dans nos véhicules », témoigne l’infirmière libérale, qui dénonce une augmentation des agressions envers les soignants en cette période de confinement.

Le président de région, Renaud Muselier a exprimé sa colère en se fendant d’un tweet : « Honte à vous ! Honte aux agresseurs de ces deux infirmières libérales attaquées ce matin à Plan-de-Cuques ! Les sanctions doivent être exemplaires, immédiates et radicales. J’adresse mon soutien total à ces deux femmes comme à toutes les infirmières engagées face au #coronavirus ».

Florence ne cache pas sa peur. Elle a affirmé qu’elle allait demander à son mari de l’accompagner dans sa tournée, malgré l’interdiction liée au confinement de peur « que cela se reproduise ».

Ces agressions ne sont pas sans rappeler la mesure drastique prise récemment par la direction de l’hôpital Lariboisière de Paris. Des gardes du corps ont été embauchés pour accompagner les soignants sur le trajet jusqu’à la station de métro, face à la recrudescence des agressions dont ils sont victimes.