Deux ans de prison avec sursis pour un ex-adjoint de sécurité qui avait tué sa collègue accidentellement


Gwladys Momier était âgée de 26 ans. (DR)

Un ancien adjoint de sécurité (ADS) a écopé de deux ans de prison avec sursis ce jeudi à Paris, pour avoir accidentellement tué sa collègue en 2019, alors qu’ils étaient tous deux en service.

Le prévenu de 29 ans, ancien ADS, était jugé pour un coup de feu accidentel qui a causé la mort de sa collègue gardienne de la paix âgée de 26 ans, Gwladys Momier.

Les faits dramatiques s’étaient produits au sein de l’unité de surveillance et d’accueil du 36 rue du Bastion, siège de la police judiciaire parisienne, le 10 mars 2019 vers 18h30. La victime et le prévenu allaient relever un autre binôme. Alors que la jeune policière était allée déposer son sac, ses collègues avaient lancé une discussion sur la vitesse nécessaire pour sortir son arme de service, selon si l’étui se trouve à la ceinture ou au niveau de la jambe. Un « exercice de tir improvisé » s’en était suivi.

Touchée mortellement à la tête

Les policiers avaient réalisé des sorties d’armes dans une salle voisine, avec un décompte. Gwladys Momier les avait rejoints. Le prévenu avait alors fait feu à une reprise, involontairement, touchant sa collègue à la tête qui est décédée peu après. L’arme du prévenu n’avait pas été mise en en sécurité ont montré des expertises. L’ex-ADS a reconnu les faits. Au cours de l’audience le 18 mars dernier, il a demandé « pardon » aux parents de la défunte et sa famille, raconte Le Figaro.

L’avocate des parties civiles a notamment évoqué l’absence de « suivi » sur le « maniement des armes », « au-delà de la formation initiale », dans les équipes concernées. « Il est tellement évident que « jouer » avec une arme est dangereux, tellement évident qu’on ne peut pas se livrer à ce genre d’exercice improvisé quand on est policier », a lancé la procureure de la République lors de l’audience.

Le prévenu avait été révoqué après le drame, tout comme les deux autres policiers qui avaient participé à cet « exercice de tir improvisé ».

Le tribunal de Paris a suivi les réquisitions du parquet. Cet ex-ADS a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’à une interdiction définitive d’exercer et une interdiction de porter une arme. Il devra par ailleurs verser 15 000 euros à chaque parent au titre des dommages et intérêts, ainsi que 6000 euros en frais de justice.