Disparition d’Estelle Mouzin : des fouilles ont débuté dans une ancienne maison de Michel Fourniret dans les Ardennes


Estelle Mouzin a disparu le 9 janvier 2003. (photo © Benoit TESSIER/MAXPPP)

Les gendarmes ont débuté des fouilles, ce lundi, dans la cave de l’une des propriétés du tueur en série Michel Fourniret, située dans les Ardennes.

Dix-sept ans après la disparition d’Estelle Mouzin, survenue le 9 janvier 2003 sur le chemin entre l’école et son domicile à Guermantes (Seine-et-Marne), la justice diligente de nouvelles opérations de recherches. Ce lundi, les gendarmes en charge des investigations ont débuté des fouilles dans la cave d’une ancienne habitation du tueur en série Michel Fourniret, relate France Bleu.

La propriété qui occupe les enquêteurs se trouve à Ville-sur-Lumes, près de Charleville-Mézières (Ardennes). Cette maison appartient au criminel et était occupée par sa sœur Huguette jusqu’à sa mort en 2002. Malgré qu’elle a été souvent fréquentée par Michel Fourniret jusqu’à son interpellation en 2003 – qui correspond à la période de la disparition d’Estelle Mouzin – cette habitation n’avait jamais été fouillée par la justice.

Les enquêteurs ont orienté leurs recherches vers cette propriété après la découverte d’un ticket de caisse, lors d’une perquisition chez Michel Fourniret. Le document montre qu’un achat de quatre boîtes de pois cassés a été effectué dans un supermarché près de Ville-sur-Lumes, en date du 11 janvier 2003, soit deux jours après la disparition de la fillette.

Des déclarations mystérieuses à la juge d’instruction

D’autre part, lors de son dernier interrogatoire avec la juge d’instruction Sabine Kheris, le tueur en série lui aurait confié qu’il aurait pu emmener la fillette dans cette maison : « C’est tout à fait pertinent », aurait-il déclaré. Il avait ajouté à ce sujet : « Pas du tout improbable, seulement il faudrait mettre des images dessus et ce n’est pas évident, je suis paumé ».

Les enquêteurs ont fait une autre découverte troublante, en plus du ticket de caisse et de ces déclarations. Le sol de la cave de la demeure actuellement ciblée était à l’origine constitué de terre. Selon plusieurs sources, « l’Ogre des Ardennes » aurait recouvert la terre par du béton.

Des recherches minutieuses dans la propriété

Michel Fourniret, âgé de 78 ans, présente un profil de manipulateur. Il souffre également de problèmes de mémoire et ce qu’il dit est toujours à prendre avec beaucoup de précautions.

Ce lundi, les gendarmes vont d’abord établir une « radiographie » des lieux avant de creuser dans la cave. La section de recherche (SR) de Dijon, qui est sur place, dispose d’un matériel technologique de pointe : un sonar et des drones qui ont la capacité de voir sous terre. D’autre part, ils peuvent compter sur des chiens spécialisés pour retrouver des ossements humains.

Au total, plus de cinquante gendarmes et experts ont été mobilisés pour participer à ces recherches minutieuses. Les enquêteurs ont aussi reçu le renfort de l’unité de fouille spécialisée du 17ème régiment du Génie parachutiste (17ème RGP). Cette unité est formée aux techniques archéologiques qui permettent de mettre en évidence des traces de creusement dans le sol, précise France Bleu.

Si les recherches entreprises devaient rester vaines, les gendarmes pourraient se rendre à quelques kilomètres de là, autour du Château de Sautou, à Donchéry. C’est là que le couple Fourniret a vécu après avoir dérobé le trésor du gang des postiches, et où les corps de deux jeunes victimes du tueur, âgées de 12 et 22 ans avaient été retrouvés en 2004, sur les indications du criminel.