Double meurtre de l’infirmière et son patient dans le Loiret : 3 suspects mis en examen et écroués


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Près d’un mois et demi après le terrible double meurtre de Karine Foucher, 42 ans, infirmière libérale à Pannes (Loiret), et son patient, Jacques Samson, 84 ans, trois suspects ont été mis en examen ce vendredi avant d’être placés en détention provisoire. Les enquêteurs ont récolté de nombreux éléments les mettant en cause.


Huit suspects avaient été interpellés et placés en garde à vue ce mercredi dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre sordide d’une infirmière et son patient le 21 octobre dernier. Karine Foucher avait été retrouvée morte poignardée, les mains attachées avec du câble téléphonique, au bord d’une route à Pannes (Loiret). L’un de ses patients, Jacques Samson, avait quant à lui été retrouvé quelques heures plus tard, mort dans sa maison, les mains coupées.

Au terme des huit gardes à vue, trois suspects ont été mis en examen a annoncé le procureur de la République Nicolas Bessone ce vendredi soir : Fazia Megchiche, 40 ans, et son frère Messaoud Megchiche, 33 ans. Ces derniers seraient les deux meurtriers.

De plus, Memet Sari, un garde forestier de 54 ans, a lui aussi été mis en examen. Il est accusé d’avoir été informé du double homicide et de n’avoir rien dis. Les trois suspects ont été placés en détention provisoire.

Des traces ADN des deux tueurs présumés et un travail de téléphonie

Comment les enquêteurs sont-ils arrivés à identifier les trois mis en cause ? Les gendarmes ont découvert de nombreux éléments déterminants ces dernières semaines.


D’abord grâce aux prélèvements qui ont été réalisés. L’ADN de Fazia Megchiche, 40 ans a été retrouvé sur les deux scènes de crime, notamment sur le chouchou qui maintenait les cheveux de Karine Foucher et sur ses vêtements, ainsi que sur la portière du 4×4 qui a servi à transporter la victime. Fazia Megchiche qui est mère de 7 enfants et qui est sans emploi, habite à quelques mètres seulement du domicile de Jacques Samson.

Son frère, Messaoud Megchiche est lui aussi sans emploi, bien connu des services de police et de la justice pour avoir été condamné une douzaine de fois, principalement pour trafic de stupéfiants. Sans emploi lui aussi, il a été présenté par le procureur comme étant un poly-toxicomane.

A ce stade des investigations, les enquêteurs pensent que Karine Foucher est arrivée, comme chaque matin, au domicile de Jacques Samson pour lui prodiguer des soins alors que les auteurs étaient semble-t-il, en plein cambriolage. Les gendarmes ont relevé des traces de fouilles et de lutte dans la maison du défunt.

Un retrait de 800 euros avec la carte bancaire de la victime

D’autre part, le travail de téléphonie a apporté des éléments importants aux enquêteurs. L’iPhone de Karine Foucher a montré que les auteurs s’étaient rendus au domicile de Fazia Megchiche.

Il a également permis de confirmer que Messaoud Megchiche est allé faire un retrait avec la carte bancaire de cette infirmière, pour un montant de 800 euros. La victime a donc été forcée de communiquer son code à 4 chiffres, avant de mourir.

Les tueurs sont ensuite retournés au domicile de Jacques Samson à Châlettes-sur-Loing, après s’être débarrassé du corps de Karine Foucher, au bord d’une route à Pannes, où elle a été retrouvée et prise en charge par les secours, les mains attachées avec du câble téléphonique. Ils sont plus tard retournés au domicile de la tueuse présumée, une fois avoir jeté cet iPhone dans une poubelle et abandonné le 4×4.

 

Fazia Megchiche avait travaillé chez Jacques Samson en 2017

De plus, les gendarmes ont découvert que Fazia Megchiche avait travaillé pour Jacques Samson en 2017. « Elle devait faire chez lui des ménages. A l’époque, elle avait fait l’objet d’une procédure, car il semblerait qu’elle se serait fait remettre par monsieur Samson des chèques. Elle aurait alors encaissé des sommes plus ou moins importantes, ce qui aurait entrainé une plainte du retraité », a détaillé le procureur de la République cité par France 3.

Les suspects n’ont jusqu’ici pas reconnu les faits, se renvoyant la responsabilité. « En l’absence d’explications et de dénégations on ne peut pas à ce stade déterminer l’enchainement des faits », a ajouté le magistrat, indiquant que le « mobile crapuleux » était privilégié pour l’heure.

Les mains amputées introuvables

Les mis en cause n’ont fourni aucune explication concernant l’amputation post-mortem des mains de Jacques Samson, qui n’ont toujours pas été retrouvées. Les trois suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire. L’enquête dirigée par deux juges d’instruction se poursuit.