Enlèvement de Mia : la fuite à l’étranger n’est «pas exclue», quatre suspects vont être déférés


Mia Montemaggi est âgée de 8 ans. Elle a été enlevée ce mardi matin. (photo ministère de la Justice)

Le procureur de la République d’Épinal, Nicolas Heitz, a donné de nouveaux éléments concernant l’enquête sur l’enlèvement de la petite Mia, 8 ans, qui est toujours recherchée, tout comme sa mère. Ces dernières pourraient se trouver à l’étranger. Quatre suspects ont été interpellés au total et vont être déférés.

Mia et sa mère n’ont toujours pas été retrouvées par les enquêteurs. Les investigations se poursuivent et ont déjà permis aux gendarmes d’en savoir plus sur cet enlèvement. Lola Montemaggi voulait récupérer sa fille de 8 ans pour l’emmener à l’étranger a indiqué le procureur de la République lors de sa conférence de presse ce vendredi matin. Un départ à l’étranger n’est donc « pas exclu » a-t-il souligné.

C’est au domicile de sa grand-mère, situé dans le village des Poulières (Vosges) qui avait été désignée tiers de confiance par la justice, que Mia a été enlevée « sans violences » ce mardi matin. Elle était suivie par la protection de l’enfance. Sa mère tenait des « propos suicidaires » et refusait que sa fille soit scolarisée, ce qui a motivé cette décision de placement.

La DGSI a alerté le parquet d’Épinal

« L’opération » menée par les trois ravisseurs « a été préparée conjointement, de façon minutieuse et précise », a précisé le magistrat. Peu après la diffusion de l’alerte enlèvement, les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont alerté le procureur sur le fait qu’ils travaillaient actuellement sur une enquête préliminaire ouverte par le parquet national antiterroriste (PNAT), visant les trois mis en cause soupçonnés d’appartenir à la mouvance survivaliste et d’être proches des thèses de l’ultra-droite. C’est l’immatriculation du véhicule Volkswagen des trois complices – qui a été diffusée lors de l’alerte enlèvement après avoir été relevée par un témoin – qui a permis aux enquêteurs de la DGSI de faire ce rapprochement.

Le procureur de la République a alors ordonné l’interpellation des trois hommes, dès que possible. Ils ont été arrêtés dans la nuit mercredi à jeudi en région parisienne, par les gendarmes de la section de recherche de Nancy, avec l’assistance de leurs collègues du GIGN.

Ils devaient remettre rapidement la fillette à sa mère

L’un âgé de 58 ans a été interpellé à Paris (XIXe). A son domicile, les enquêteurs ont découvert « le script d’un discours à tenir devant la grand-mère ». « De nombreux téléphones portables ont également été saisis », a indiqué le procureur. En outre, les gendarmes ont découvert un véhicule Citroën C15 ayant servi à l’enlèvement de la fillette, dans un box appartenant au suspect.

Le second suspect âgé de 23 ans a été interpellé à son domicile situé à Varreddes (Seine-et-Marne). Des « éléments entrant dans la conception d’explosifs », ont été saisis chez lui. Enfin, le troisième homme de 60 ans a été arrêté aux Lillas (Seine-Saint-Denis). Un quatrième suspect a été interpellé ce jeudi vers 13 heures, en Meurthe-et-Moselle, a annoncé Nicolas Heitz.

Au cours de leur garde à vue, les mis en cause ont indiqué qu’ils avaient été sollicités par la mère de famille sur internet, à qui ils devaient remettre Mia 20 minutes après l’enlèvement. Ce qu’ils ont fait. « L’un d’entre eux a revendiqué cette action, la qualifiant ‘d’exfiltration’ », a indiqué le procureur. Un second a affirmé qu’il se félicitait d’avoir « résisté à la barbarie de ce système et d’avoir remis la petite fille prise injustement à sa mère, à la Arsène Lupin ». Le plus jeune suspect a quant à lui estimé qu’il avait « peut-être été manipulé », estimant néanmoins avoir « sauvé la vie de l’enfant ».

Ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité

Les quatre hommes vont être déférés devant la justice ce vendredi après-midi. Ils sont poursuivis pour « enlèvement de mineur de moins de 15 ans en bande organisée » et risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

Une information judiciaire va être ouverte par le parquet de Nancy qui va récupérer ce dossier, étant donné son caractère international. Un juge d’instruction de la JIRS (juridictions interrégionales spécialisées) de Nancy va être désigné.

Si vous disposez d’informations permettant d’aider les enquêteurs, contactez le 0800 36 32 68 ou composer le 17.