Le mercredi 1 juillet 2026 à 09:08
Quatre nouveaux suspects ont été interpellés dans l'enquête sur l'assassinat de Mehdi Kessaci, ce jeune homme de 20 ans tué de plusieurs balles à Marseille le 13 novembre 2025. Ces interpellations, menées mardi par la police judiciaire de Marseille et l'Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO), comme révélé par Le Parisien. Dans ce dossier, la piste d'une erreur de cible est privilégiée : les tueurs auraient en réalité visé Amine Kessaci, le frère de la victime, devenu une figure de la lutte contre le narcotrafic.
Trois des quatre suspects interpellés sont considérés comme des "logisticiens", soupçonnés d'avoir participé à l'organisation du crime ou aux actes commis après les faits. Selon nos confrères, trois d'entre eux étaient déjà en détention pour leur implication présumée dans d'autres affaires liées à la criminalité marseillaise. Le quatrième est présenté comme un exécutant de la DZ Mafia, un gang marseillais de narcotrafiquants.
Ce dernier aurait été engagé pour abattre Mehdi Kessaci. D'après Le Parisien, il se serait posté près du domicile familial le 12 novembre 2025 pour passer à l'acte. Le meurtre n'a finalement été commis que le lendemain, en son absence.
La piste de la DZ Mafia privilégiée
Cette nouvelle vague d'interpellations est intervenue quelques semaines après un premier coup de filet. En mars dernier, six personnes, cinq hommes et une femme, avaient été mises en examen et placées en détention provisoire pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime. Ils étaient soupçonnés d'avoir tenu différents rôles autour du crime : les repérages, la fourniture de la moto et de l'arme, l'aide à la fuite ou encore la destruction du deux-roues utilisé par le tueur.
Mehdi Kessaci, totalement étranger au narcotrafic et inconnu de la police comme de la justice, se destinait à une carrière dans la police. Les enquêteurs ont d'abord envisagé un "crime d'intimidation" destiné à faire passer un message à son frère. Ils ont ensuite acquis la certitude que c'était bien Amine Kessaci qui était visé. Cette hypothèse repose notamment sur un élément central, révélé par Le Monde : la ligne téléphonique qu'utilisait Mehdi Kessaci était enregistrée au nom d'Amine. Peu avant sa mort, le jeune homme a décroché lors d'un appel qui aurait été passé par les tueurs pour s'assurer de l'identité de leur cible.
Amine Kessaci, menacé depuis des mois et placé sous protection, a perdu un premier frère dans un narchomicide en 2021. Élu au conseil municipal de Marseille lors des dernières élections, il est devenu une figure locale de la lutte contre le trafic de drogue. Les nouvelles interpellations pourraient permettre aux enquêteurs de remonter la chaîne des responsabilités, d'identifier le tireur, voire le commanditaire du crime. La piste de la DZ Mafia est privilégiée.