Le mardi 4 avril 2023 à 22:27
Un homme de 29 ans, bien connu des services de police et de justice, a été mis en examen le 23 mars dernier après avoir tenté de tuer son ex-compagne à Châtillon (Hauts-de-Seine) a appris Actu17. Sorti de prison le 28 février dernier après avoir purgé une peine pour "vol avec violences", il est retourné derrière les barreaux dans le cadre de son placement en détention provisoire.
Cette violente agression s'est déroulée le jeudi 9 mars. Ce jour-là, la mère de famille reçoit un appel de son ex-compagnon qui lui demande de voir leur fils. Cette dernière refuse. L'homme n'en reste pas là, et parvient à retrouver son ex-conjointe devant un supermarché de la commune. Il la fait monter de force dans la voiture qu'il a louée, pendant qu'un de ses amis reste en retrait, avec l'enfant.
La victime va alors subir un déluge de violences. "Il lui a ordonné de lui remettre son téléphone, puis l'a violemment frappée à coups de poing lorsqu'elle a refusé", relate une source proche de l'affaire. L'agresseur obtient le code de déverrouillage du portable de la même façon. "Il aurait ensuite découvert des messages échangés avec des amis, ce qui l'aurait énervé", poursuit la même source. La mère de famille reçoit de nouveaux coups puis est brutalement étranglée. Elle parvient tant bien que mal à s'extirper de la voiture, puis est prise de vomissements. Son ex-compagnon finit par prendre la fuite.
Rouée de coups et étranglée
La jeune femme récupère son fils et se présente au commissariat pour expliquer ce qui vient de lui arriver. Elle est conduite à l'hôpital et les médecins découvrent de graves blessures. La victime souffre de fractures au nez et à la mâchoire, mais également d'un tympan perforé. Une incapacité totale de travail (ITT) de 21 jours lui est attribuée.
Une enquête est immédiatement ouverte et les policiers de la brigade des enquêtes d'initiative (BEI) du commissariat de Montrouge sont chargés des investigations. Les policiers se lancent à la recherche du suspect mais la tâche s'avère complexe. "Cet homme a déjà été condamné à plusieurs reprises par le passé. Il a l'habitude d'être traqué par les services de police", observe la même source. Le suspect n'hésite pas à changer de carte SIM chaque jour et à rester très mobile. "Il a téléphoné aux policiers pour tenter de "négocier", puis leur a lâché qu'il ne se rendrait jamais". Le suspect, déjà connu des services de police pour des faits d'extorsions aggravées ou d'enlèvement et séquestration, a aussi appelé la famille de son ex-conjointe pour lui demander de retirer la plainte.
Il loue une chambre d'hôtel sous une fausse identité
L'homme est finalement localisé sur la commune de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Pour tromper les policiers, il prête sa voiture à l'un de ses amis qui sort avec, pendant que lui disparaît en empruntant un autre chemin. Des surveillances techniques et physiques sont mises en place les jours suivants. Le suspect est cette fois localisé dans un hôtel du XXe arrondissement de Paris, le samedi 22 mars. Il a utilisé une fausse identité pour louer une chambre. Les policiers l'interpellent dans la matinée et le placent en garde à vue.
Face aux enquêteurs, l'homme livre un récit pour le moins troublant, tentant d'endosser le rôle de la victime. Il finit par admettre qu'il lui a "rendu des coups", sans avoir "tapé trop fort". Le suspect est également soupçonné d'avoir brisé le nez de son ex-compagne en 2021. Il affirme concernant cette blessure que, ce jour-là, la mère de son enfant s'est elle-même portée de violents coups au visage, évoquant "la folie hystérique" de cette dernière.
Des explications qui n'ont pas convaincu le juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "tentative de meurtre par conjoint" et "violences sans ITT par conjoint" concernant des faits survenus le 6 juillet 2021, nous indique le parquet de Nanterre. Une information judiciaire est ouverte dans ce dossier.