Marseille : Des salariés d'Orange contraints de porter des gilets pare-balles avant leur évacuation

Les violences liées au narcotrafic contraignent Orange à évacuer son site du quartier Saint-Mauront, à Marseille. Un millier de salariés sont concernés par ce déménagement, qui devrait s'étaler sur un an et demi. En attendant, les agents de sécurité encore présents doivent porter des gilets pare-balles et se tenir éloignés des fenêtres.
Marseille : Des salariés d'Orange contraints de porter des gilets pare-balles avant leur évacuation
Illustration. (Karolis Kavolelis / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 22 janvier 2026 à 20:27

Le géant des télécommunications Orange va évacuer son site de Marseille, situé dans le quartier Saint-Mauront (3e arrondissement), en raison de l'insécurité. Un millier de salariés sont concernés par ce déménagement, qui devrait s'étaler sur un an et demi. L'entreprise avait investi près de 34 millions d'euros pour la rénovation de ces bureaux.

En attendant le départ définitif des employés, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en place. Les agents de sécurité doivent porter des gilets pare-balles et il est interdit de travailler à moins de 10 mètres des fenêtres. "Ce sont des mesures drastiques qui sont prises pour des situations extraordinaires", a expliqué Nadège Poët, salariée sur le site et élue CFE-CGC au CSE d'Orange, mercredi 21 janvier, à Europe 1.

Seule une vingtaine de personnes reste actuellement sur place, des équipes de logistique et de sécurité de sociétés sous-traitantes. "A l'heure actuelle, les personnels qui sont concernés par éventuellement le port du gilet pare-balles, ce sont les personnels qui continuent à être à l'extérieur du site", a-t-elle précisé.

«C'est un quartier qui est très très compliqué»

Les violences se sont intensifiées à l'automne 2025. "Ça a commencé en octobre 2025 par une tentative d'assassinat dans un bar, en face de l'entrée en voiture de notre site. Après, il y a eu des rixes dans le quartier avec des gens cagoulés. Il y avait eu une première fermeture, mais au retour des vacances de fin d'année, on a eu des salles qui ont été perforées par des tirs de très gros calibre", a-t-elle déploré. "Je suis marseillaise, je présume que ce sont des kalachnikovs, mais je ne suis pas spécialiste", a-t-elle ajouté.

Le quartier Saint-Mauront est depuis longtemps réputé difficile. "Dans le troisième arrondissement de Marseille, c'est un quartier qui est très très compliqué. Moi j'y travaille, j'ai l'habitude de le dire depuis des années, mais ça n'a jamais été un endroit tranquille", a témoigné la salariée.