Le lundi 24 août 2026 à 14:29
Le propriétaire et gérant français du bar Le Constellation, à Crans-Montana, dans le canton du Valais (Suisse), a été placé en détention provisoire pour des violences présumées sur son épouse. Jacques Moretti aurait frappé Jessica Moretti, sa femme et associée, au domicile du couple. Blessée, cette dernière a dû être hospitalisée. Cette procédure est distincte de l'enquête sur l'incendie du même établissement, qui a fait 41 morts et 115 blessés dans la nuit du Nouvel An. L'information a été révélée dimanche 23 août par la chaîne de télévision genevoise Léman Bleu.
Les faits se seraient produits dans la nuit du 11 au 12 août, au domicile valaisan des époux. Selon Léman Bleu, la gravité des blessures a rendu une prise en charge hospitalière nécessaire. L'état de santé actuel de Jessica Moretti n'est pas connu, pas plus que la date de sa sortie éventuelle. Jacques Moretti a été interpellé à son domicile, précise la RTS. À ce stade, le ministère public n'a pas fait connaître le détail des faits reprochés ni l'infraction retenue. Le gérant, jamais mis en cause auparavant pour des faits comparables, demeure présumé innocent.
Une incarcération restée confidentielle
Selon la RTS, Jacques Moretti est incarcéré depuis environ deux semaines. Son placement en détention provisoire est donc resté secret une quinzaine de jours, jusqu'aux révélations de dimanche. Sollicitée par l'agence Keystone-ATS, la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, s'est bornée à indiquer que "de façon générale, le Ministère public ne communique pas en matière de violences conjugales".
Les avocats du couple, Mes Yaël Hayat, Nicola Meier et Patrick Michod, ont diffusé un communiqué dimanche soir. "Ces faits, instruits au sein d'une procédure distincte, relèvent exclusivement de leur vie intime de sorte que nous n'apporterons aucun commentaire", écrivent-ils. Ces faits "ne sauraient être confondus avec la tragédie du Constellation mais s'inscrivent néanmoins dans un contexte qui ne peut être ignoré, celui d'une épreuve particulièrement intense à laquelle les Moretti ont tenté de faire face ensemble depuis le 1er janvier", ajoutent les trois conseils, pour qui "la vie privée doit désormais reprendre ses droits".
Des répercussions possibles sur l'enquête sur l'incendie
Cette nouvelle affaire pourrait rejaillir sur l'instruction ouverte après le sinistre. Comme le souligne la RTS, les déclarations des deux époux devant les procureures chargées du dossier ne se contredisent pas jusqu'ici. Les magistrates pourraient demander le maintien de Jacques Moretti derrière les barreaux, en s'appuyant sur le dossier de violences conjugales, mais surtout sur la crainte de le voir prendre la fuite. Il reviendrait alors au Tribunal des mesures de contrainte (TMC) de trancher. La question de l'image du gérant, présenté par Léman Bleu comme l'un des principaux prévenus dans l'enquête sur l'incendie, se pose également : ses avocats dénoncent depuis des mois un acharnement visant leurs clients.
Jacques Moretti a déjà connu la prison dans le cadre de cette instruction. Interpellé le 9 janvier à l'issue d'une audition devant le ministère public valaisan, il a été écroué à la prison des Îles de Sion, le TMC ayant ordonné une détention provisoire d'une durée initiale de trois mois en raison d'un risque de fuite. Le tribunal a levé cette mesure le 23 janvier, après le versement d'une caution de 200 000 francs suisses réglée par un ami proche du gérant. La juridiction a assorti sa décision de mesures de substitution, parmi lesquelles le dépôt de ses documents d'identité et l'obligation de se présenter régulièrement au poste de police. Son épouse, elle, n'avait pas été incarcérée, les magistrates ayant retenu son ancrage social en Suisse.
41 morts dans l'incendie du Nouvel An
L'incendie du Constellation s'est déclaré en pleine célébration de la Saint-Sylvestre, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, dans cette station de ski huppée du sud-ouest de la Suisse. Le sinistre a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés. Les victimes étaient pour l'essentiel des adolescents et de jeunes adultes venus faire la fête, beaucoup d'entre eux originaires d'Italie et de France. Jacques et Jessica Moretti figurent parmi les seize prévenus visés par l'instruction, poursuivis pour homicide par négligence, incendie par négligence et lésions corporelles graves par négligence.