Affaire Michel Zecler : trois policiers jugés en novembre devant la cour criminelle de Paris

Trois policiers seront jugés du 9 au 19 novembre devant la cour criminelle départementale de Paris pour le passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler dans son studio du XVIIe arrondissement en novembre 2020. Un quatrième sera jugé en correctionnelle.
Affaire Michel Zecler : trois policiers jugés en novembre devant la cour criminelle de Paris
Les faits ont été filmés par une caméra de surveillance. (capture écran vidéo)
Par La Rédaction
Le mardi 10 février 2026 à 18:41

Plus de cinq ans après le passage à tabac filmé du producteur de musique Michel Zecler dans son studio du XVIIe arrondissement de Paris, trois policiers seront jugés devant la cour criminelle départementale de Paris du 9 au 19 novembre 2026 pour violences volontaires avec incapacité totale de travail supérieure à 45 jours, par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion et avec arme, ainsi que pour faux en écriture publique. Un quatrième policier comparaîtra devant le tribunal correctionnel. L'éventuel caractère raciste de l'agression a été écarté par les juges d'instruction.

Le 21 novembre 2020, en début de soirée, Michel Zecler est contrôlé par des policiers alors qu'il s'apprête à entrer dans son studio de musique. Les fonctionnaires invoquent une supposée "forte odeur de cannabis" et l'"absence du port du masque", en pleine épidémie de Covid. L'interpellation dégénère : le producteur est passé à tabac, recevant 29 coups en environ quatre minutes, lui occasionnant une incapacité totale de travail (ITT) de 45 jours.

Cinq jours après les faits, le média Loopsider diffuse les images de vidéosurveillance du studio, contredisant la version des policiers. L'enquête pour "violences" et "rébellion" dont les fonctionnaires accusaient Michel Zecler est rapidement classée. Placés en garde à vue, les policiers reconnaissent des coups injustifiés.

L'affaire provoque une onde de choc jusqu'au sommet de l'État. Le président Emmanuel Macron dénonce alors "une agression inacceptable" et réclame une police "exemplaire".

Le quatrième policier sera jugé pour le jet d'une grande lacrymogène

L'inspection générale de la police nationale (IGPN) mène une enquête administrative dont les conclusions, rendues en juillet 2021, proposent au préfet de police de Paris que les quatre policiers comparaissent devant le conseil de discipline. Le quatrième policier est poursuivi devant le tribunal correctionnel pour violences volontaires n'ayant pas entraîné d'ITT : il lui est reproché d'avoir jeté une grenade lacrymogène MP7, une arme dont l'usage est proscrit en intérieur, dans le studio où s'étaient réfugiés Michel Zecler et plusieurs jeunes.