Assassinat d'Agnès Lassalle : l'élève qui a poignardé sa professeure condamné à 15 ans de réclusion

Âgé aujourd'hui de 19 ans, l'auteur de cet assassinat qui avait bouleversé la communauté éducative a été jugé à huis clos pendant quatre jours devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques. L'avocate générale avait requis 16 ans de réclusion criminelle à son encontre.
Assassinat d'Agnès Lassalle : l'élève qui a poignardé sa professeure condamné à 15 ans de réclusion
Agnès Lassale était âgée de 53 ans.
Par Actu17
Le vendredi 24 avril 2026 à 20:50

L'élève qui avait assassiné sa professeure d'espagnol Agnès Lassalle en février 2023 à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) a été condamné ce vendredi 24 avril à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, à Pau. La peine est inférieure aux 16 ans requis par l'avocate générale à l'encontre de l'accusé, âgé aujourd'hui de 19 ans, qui comparaissait depuis mardi à huis clos pour assassinat.

La décision a été prononcée après trois heures de délibéré. L'avocate générale avait requis, en plus des 16 ans de réclusion, un suivi socio-judiciaire d'une durée de 10 ans. L'accusé encourait jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, peine qui pouvait être réduite à 13 ans en cas de discernement altéré reconnu par la cour, ou qui pouvait aboutir à une décision d'irresponsabilité pénale en cas d'abolition du discernement. Les débats, étalés sur quatre jours, se sont tenus à huis clos en raison de la minorité de l'accusé au moment des faits.

Un meurtre prémédité en pleine salle de classe

Le 22 février 2023, au collège-lycée privé catholique Saint-Thomas-d'Aquin de Saint-Jean-de-Luz, Agnès Lassalle, 53 ans, enseignait l'espagnol à sa classe lorsque les faits se sont produits. Le cours d'espagnol s'achevait lorsque l'élève, alors âgé de 16 ans, a quitté sa chaise pour aller fermer la porte de la salle à clé. Il s'est ensuite approché de l'enseignante et lui a porté un coup de couteau mortel à la poitrine, avec une lame de cuisine de 18 centimètres. Les autres élèves ont pris la fuite.

Le meurtre a été qualifié de prémédité par l'accusation. La veille du drame, l'adolescent s'était procuré l'arme blanche au domicile paternel. Il l'avait ensuite dissimulée dans un morceau de papier absorbant avant de la placer dans son cartable pour se rendre en cours le lendemain matin.

Des expertises psychiatriques contradictoires

La personnalité de l'accusé et la question de son discernement ont été au cœur des débats. Suivi pour une dépression grave et sous traitement après une tentative de suicide en novembre 2022, l'adolescent aurait expliqué qu'une "petite voix" l'aurait incité à "faire le mal". Les expertises psychiatriques réalisées au cours de l'instruction ont abouti à des conclusions contradictoires. L'une a écarté tout "trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli ou altéré son discernement ou le contrôle de ses actes". Une autre a évoqué un discernement "légèrement altéré". Un dernier rapport, remis en novembre 2024, l'a jugé "aboli" au moment du passage à l'acte.

La cour a également entendu les parents de l'accusé ainsi que les proches d'Agnès Lassalle, dont son compagnon Stéphane Voirin. À l'issue des plaidoiries des parties civiles, ce dernier s'est dit "vraiment apaisé" par les quatre jours d'audience. "Je me sens parent aussi, c'est important de le dire, et en recherche de solutions pour qu'un jour, tout ça s'arrête", a-t-il ajouté. Lors des obsèques de sa compagne, Stéphane Voirin lui avait rendu un hommage bouleversant en dansant, seul, près de son cercueil, dont les images avaient fait le tour du monde. Au premier jour du procès, ses avocats avaient évoqué les parents de l'accusé, "effondrés de la douleur" causée par le geste de leur fils.

D'abord incarcéré dans un établissement pour mineurs, avec une prise en charge éducative et médicale, le jeune homme est détenu depuis janvier 2025 au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (Landes) depuis sa majorité.

Le meurtre d'Agnès Lassalle avait profondément secoué la communauté éducative française. Le lendemain, une minute de silence avait été observée dans l'ensemble des établissements scolaires du pays. Son assassinat était survenu un peu plus de deux ans après celui de Samuel Paty. Huit mois plus tard, un autre professeur, Dominique Bernard, avait été poignardé à mort devant son collège-lycée par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.