Le député LFI Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol

Sébastien Delogu, député LFI et candidat à la mairie de Marseille, sera jugé en juin pour des poursuites liées à la diffusion en ligne de documents privés appartenant à l'avocat Isidore Aragones. Les faits portent notamment sur du recel de vol et la divulgation d'informations personnelles.
Le député LFI Sébastien Delogu sera jugé en juin notamment pour recel de vol
Sébastien Delogu, à Paris, le 14 octobre 2025. (Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 9 janvier 2026 à 16:40

Le député La France insoumise (LFI) et candidat à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu, sera jugé le 9 juin prochain pour avoir diffusé sur Instagram des documents privés appartenant à l'avocat Isidore Aragones, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de Marseille, dans une procédure où il est notamment poursuivi pour recel de vol, ce qu'il conteste.

Selon le parquet de Marseille, confirmant une information du Parisien, Sébastien Delogu comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour "recel de biens provenant d'un vol", "divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d'atteinte à la personne" et "d'atteinte au secret des correspondances". Ces qualifications visent la diffusion, à l'automne 2024, de documents présentés comme volés et mis en ligne sur les réseaux sociaux du député.

L'enquête trouve son origine dans une plainte d'Isidore Aragones, avocat et ancien président du CRIF de Marseille. Ce dernier avait été brièvement président du conseil d'administration de la société Laser Propreté, entre le 12 septembre et le 2 octobre 2024, dans un contexte de conflit social très tendu sur le ramassage des déchets dans la gare et le métro de Marseille. Le 19 septembre 2024, son bureau est envahi par une délégation syndicale de la CGT, forte d'une centaine de personnes. C'est après cet épisode qu'Isidore Aragones constate la disparition d'une pochette contenant des documents privés.

Cinq jours plus tard, une partie de ces pièces se retrouve sur le compte Instagram de Sébastien Delogu. D'après le parquet, le député a ainsi diffusé "une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l'État d'Israël, ainsi que ses projets financiers personnels, et en précisant que des gens bienveillants les leur avaient transmis". Dans ses publications du 24 septembre 2024, il mentionne notamment des voyages d'Isidore Aragones au Brésil et en Israël, ainsi que des travaux envisagés dans une résidence secondaire, en publiant les factures correspondantes.

«Il m'a exposé à un danger réel»

Isidore Aragones affirme que cette exposition de sa vie privée l'a directement mis en danger, en particulier dans le climat lié au conflit au Proche-Orient. Il a expliqué ainsi auprès de l'AFP : "Dans le contexte (du conflit au Proche-Orient, ndlr), c'est ma vie qu'il a exposée, et il m'a exposé à un danger réel, à un grave danger".

Dans le cadre de cette affaire, le domicile de Sébastien Delogu et sa permanence parlementaire ont été perquisitionnés au mois de mai, sur décision des magistrats en charge du dossier. À l'issue de l'enquête, le parquet a décidé de renvoyer le député devant le tribunal correctionnel, avec une audience fixée au 9 juin.

La défense de l'élu conteste fermement le fondement juridique des poursuites. Son avocat, Me Yones Taguelmint, indique qu'ils contestent "les qualifications juridiques retenues" dans le cadre de cette convocation devant le tribunal correctionnel. Il ajoute que "la caractérisation de cette infraction, que l'on ne reconnaît pas, reste à prouver". Le débat devant le tribunal portera notamment sur la provenance des documents et sur l'intention de recel reprochée au parlementaire.

Ce dossier s'ajoute à d'autres démêlés judiciaires de Sébastien Delogu. En février 2025, il a été condamné en première instance à 5000 euros d'amende pour violences volontaires aggravées. Il était soupçonné d'avoir agressé un proviseur et une conseillère principale d'éducation en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites, en mars 2023. Le député a nié les faits, affirmant avoir lui-même été agressé. Après la condamnation, son avocat a annoncé son intention de faire appel.