Le vendredi 27 mars 2026 à 20:55
Le rappeur Gims, de son vrai nom Gandhi Djuna, a été mis en examen pour blanchiment aggravé en bande organisée, a annoncé le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) dans un communiqué diffusé ce vendredi 27 mars dans la soirée. Deux de ses collaborateurs professionnels ont également été mis en examen. Le chanteur a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Gims avait été interpellé le 25 mars à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, à sa descente de l'avion, par les enquêteurs de l'Office national anti-fraude (ONAF), "rattaché à la direction générale des douanes et des droits indirects et à la direction générale des finances publiques", précise le PNACO. Deux de ses collaborateurs professionnels avaient également été placés en garde à vue.
«Une bande organisée susceptible d'avoir pour objectif le blanchiment massif»
Ces interpellations interviennent "dans le cadre d'une information judiciaire confiée à trois juges d'instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris depuis le mois de juin 2023, et suivie par le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), laquelle a déjà conduit à la mise en examen de 15 individus, dont cinq sont détenus à ce jour", détaille le communiqué. L'enquête "fait suite à un signalement de la cellule de renseignement financier relatif à un réseau de blanchiment international susceptible d'offrir à des dirigeants de sociétés la possibilité de convertir des fonds en espèces pour certains provenant d'infractions, et ce à différentes fins (travail dissimulé, usage personnel…) et de permettre à ces sociétés de minimiser frauduleusement leur imposition sur la base de fausses facturations".
Les investigations "ont ainsi permis de révéler l'existence d'une bande organisée susceptible d'avoir pour objectif le blanchiment massif de fonds issus d'infractions pénales et infiltrant l'économie réelle en permettant, via l'économie souterraine du marché des espèces, à plus de 2000 entreprises d'échapper à leurs obligations fiscales et sociales", poursuit le PNACO.
"Dans le cadre des investigations menées par l'ONAF, l'existence de liens potentiels entre ce réseau international et plusieurs mis en cause dont Monsieur Gandhi Djuna (alias "Gims") est apparue", indique le parquet. "Ces liens portent notamment sur des soupçons d'utilisation de fonds d'origine illicite aux fins d'investissements immobiliers importants à l'étranger et de blanchiment de fonds provenant d'activités illégales et la dissimulation de leur origine."Selon Le Parisien, les enquêteurs s'intéressent spécifiquement à un projet immobilier de luxe à Marrakech, le "Sunset Village Private Residences", qui prévoit la construction de 117 villas autour d'un lagon artificiel, pour un chiffre d'affaires potentiel estimé à 100 millions d'euros.
Gims remis en liberté sous contrôle judiciaire avec l'«obligation de verser un cautionnement»
À l'issue de leur garde à vue, les trois personnes mises en cause ont été mises en examen par les juges d'instruction pour des faits commis entre 2018 et 2025, notamment de "blanchiment aggravé – concours en bande organisée à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit d'un délit" et de "blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d'un délit de fraude fiscale aggravée".
Gims a été remis en liberté à l'issue de sa mise en examen et placé sous contrôle judiciaire comportant notamment "l'obligation de s'abstenir de recevoir ou de rencontrer certaines personnes spécialement désignées par les juges d'instruction, ainsi que d'entrer en relation avec elles", "l'obligation de verser un cautionnement" et "l'obligation d'informer le magistrat instructeur de ses déplacements", détaille le PNACO.
Le PNACO rappelle que "tant Monsieur Gandhi Djuna que l'ensemble des autres personnes mises en examen demeurent présumées innocentes".