Le samedi 5 avril 2025 à 20:13
Une greffière du tribunal judiciaire de Marseille a été mise en examen et placée en détention provisoire ce vendredi 4 avril, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre dernier pour des faits liés au trafic de stupéfiants.
Âgée d'une trentaine d'années, cette fonctionnaire est poursuivie pour "complicité de trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, non-justification de ressources, violation du secret professionnel et consultation illicite de fichiers judiciaires", a confirmé le procureur d'Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon. Elle a été placée en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD).
Un train de vie incompatible avec ses revenus
La fonctionnaire, dont les missions consistent notamment à assister les magistrats, authentifier les actes juridictionnels ou encore jouer un rôle d’intermédiaire dans les procédures, avec les avocats notamment, est soupçonnée d'avoir utilisé ses accès professionnels à des fins illégales. Selon une source proche du dossier, elle aurait consulté des fichiers judiciaires et transmis des informations sensibles à un trafiquant marseillais avec lequel elle entretenait une relation personnelle.
Les enquêteurs ont également relevé un train de vie jugé incompatible avec les revenus déclarés de la greffière.
Son arrestation s’inscrit dans une procédure plus vaste instruite par le parquet d’Aix-en-Provence, saisi pour garantir l’indépendance de l’enquête en raison de l’implication présumée d’une fonctionnaire du tribunal marseillais. Cette information judiciaire a conduit à la mise en examen de quinze autres personnes.
Les investigations sont menées par l’Office anti-stupéfiants (OFAST). À ce stade, "le dossier n’a pas de lien avec la DZ Mafia", a précisé le parquet. Ce groupe criminel marseillais est soupçonné d’être impliqué dans de nombreux règlements de comptes liés au narcobanditisme.