Mort du gendarme Éric Comyn à Mougins : le chauffard récidiviste renvoyé aux assises pour meurtre

Le conducteur qui avait mortellement fauché un gendarme lors d'un refus d'obtempérer à Mougins en août 2024 sera jugé aux assises. Le juge d'instruction a retenu la qualification de meurtre, estimant que l'acte était volontaire.
Mort du gendarme Éric Comyn à Mougins : le chauffard récidiviste renvoyé aux assises pour meurtre
Éric Comyn était âgé de 54 ans. (Gendarmerie nationale)
Par Actu17
Le samedi 11 avril 2026 à 12:06

L'automobiliste qui a mortellement percuté l'adjudant Éric Comyn, le 26 août 2024 à Mougins (Alpes-Maritimes), lors d'un refus d'obtempérer, est renvoyé devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique. Luis Antonio Mendes Vaz, un multirécidiviste cap-verdien aujourd'hui âgé de 40 ans, déjà condamné à dix reprises, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son avocate, Me Marie Seguin, indique qu'il a interjeté appel de l'ordonnance de mise en accusation.

Le soir du 26 août 2024, l'adjudant Éric Comyn, 54 ans, était déployé sur un point de contrôle routier près de la sortie de l'autoroute A8 à Mougins. Le gendarme, affecté au peloton motorisé de Mandelieu-la-Napoule, a été violemment percuté par le véhicule de Luis Antonio Mendes Vaz, qui a pris la fuite. Le suspect a été interpellé plusieurs heures plus tard à Cannes avec un taux d'alcoolémie positif. Ce militaire comptait plus de trente ans de service dans la gendarmerie. Il a laissé derrière lui une épouse et deux enfants. Éric Comyn a été élevé au grade d'adjudant-chef à titre exceptionnel et fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.

«L'accélération délibérée du véhicule»

Dans son ordonnance de mise en accusation, le juge d'instruction conclut que le suspect "a donné volontairement la mort à l'adjudant Éric Comyn". Le magistrat retient notamment "l'accélération délibérée du véhicule" juste avant l'impact. L'expertise en accidentologie et les images de vidéosurveillance n'ont "montré aucune manœuvre d'évitement" de la part du conducteur. La visibilité était "bonne" et il y avait "de l'éclairage public". La circonstance aggravante liée à la qualité de personne dépositaire de l'autorité publique est également retenue : le mis en cause avait avoué à sa sœur, peu après les faits, avoir percuté un gendarme.

Luis Antonio Mendes Vaz comptait dix condamnations inscrites à son casier judiciaire entre 2005 et 2018, dont six pour des délits routiers, notamment deux pour conduite en état d'ivresse. Les quatre autres concernent des atteintes aux personnes.

Me Pauline Ragot, avocate de la famille d'Éric Comyn, indique à franceinfo que les proches du gendarme "accueillent cette décision avec satisfaction" et se préparent "au procès d'assises qui, elle l'espère, se tiendra dans les meilleurs délais". "Le signal envoyé par la justice est très clair : percuter de plein fouet et à vive allure un représentant de la force publique à l'occasion d'un refus d'obtempérer est un des actes criminels les plus graves de notre état de droit et doit être jugé comme tel", estime l'avocate.