Le jeudi 28 août 2025 à 19:40 - MAJ jeudi 28 août 2025 à 19:56
Trois personnes ont été placées en détention provisoire et six autres ont été mises en examen dans l’enquête sur la mort du gendarme mobile Nicolas Molinari, tué d’une balle dans la tête le 15 mai 2024 en Nouvelle-Calédonie, deux jours après le déclenchement des violentes émeutes. Au total, dix individus originaires de la tribu de Saint-Louis ont été identifiés par les enquêteurs, dont neuf sont actuellement mis en cause sous différentes mesures judiciaires et un est décédé lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre.
Le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, a précisé qu’en plus des trois détentions provisoires, une personne est assignée à résidence sous surveillance électronique et cinq autres sont placées sous contrôle judiciaire. Sur le plan judiciaire, un suspect est poursuivi pour "meurtre et tentative de meurtre", trois pour "complicité de meurtre et de tentative de meurtre" et cinq pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un crime".
Le tueur a utilisé «une arme longue équipée d’une lunette de visé»
Âgé de 22 ans, Nicolas Molinari se trouvait assis à la place du conducteur dans un bus de gendarmerie stationné à proximité du fief indépendantiste de Saint-Louis lorsqu’il a été atteint mortellement. L’expertise balistique a établi que le tireur "avait utilisé une arme longue équipée d’une lunette de visée" et se trouvait à une distance comprise entre 200 et 230 mètres.
Deux tireurs présumés ont été identifiés par les enquêteurs : l’un figure parmi les personnes actuellement détenues, l’autre a été tué lors d’un affrontement avec les gendarmes le 19 septembre 2024 dans la tribu de Saint-Louis.
L'auteur du tir mortel n'est pas encore identifié
L’enquête, menée "de manière particulièrement minutieuse", a abouti à la mise en cause de dix personnes au total. "Les investigations se poursuivent notamment pour identifier formellement l’auteur du tir mortel", a indiqué le parquet. Dans la nuit du 18 au 19 août 2024, une reconstitution des faits sous haute surveillance a mobilisé 450 gendarmes et entraîné la fermeture complète de l’axe routier traversant Saint-Louis.
Les émeutes de 2024, déclenchées par une réforme élargissant le corps électoral pour les élections provinciales malgré l’opposition du camp indépendantiste, ont provoqué la mort de 14 personnes. Parmi elles, deux gendarmes : Nicolas Molinari et Xavier Salou, ce dernier ayant été victime d’un tir accidentel au sein d’une caserne, peu avant un départ en mission.