Le mardi 3 février 2026 à 12:05
Dix hommes ont été mis en examen à Lille (Nord) dans une affaire de violences sexuelles aggravées commises sur un enfant de 5 ans et demi lors d'une soirée "chem-sex". Neuf d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Le père de la victime figure parmi les personnes poursuivies. L'un des principaux mis en examen s'est suicidé en prison.
Dans un communiqué diffusé ce lundi 3 février 2026, le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, est revenu sur cette affaire. A la suite d'un signalement adressé aux services de police, une enquête a été ouverte le 15 février 2025 sur l'organisation d'une soirée "chem-sex" qui s'était déroulée la veille dans la métropole lilloise. Lors de cette soirée, "des faits de violences sexuelles aggravées par l'utilisation de substances chimiques auraient été commis au préjudice d'un enfant de 5 ans et demi mis en relation avec des adultes de sexe masculin par son père", a précisé le magistrat.
Le 22 février 2025, le parquet de Lille a saisi un juge d'instruction pour des faits commis entre le mois de novembre 2024 et le 14 février 2025.
Le juge d'instruction a été saisi de nombreuses qualifications juridiques, parmi lesquelles "viol et agression sexuelle avec administration d'une substance à la victime, à son insu, pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes", "viol et agression sexuelle avec torture ou acte de barbarie", "agression sexuelle incestueuse sur un mineur de 15 ans", ou encore "détention et diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique en utilisant un réseau de communication électronique". Des qualifications de "sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique" et d'"atteinte sexuelle en réunion sur un animal domestique" ont également été retenues. La peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité pour le crime de viol avec actes de torture ou de barbarie.
Dix hommes âgés de 29 à 50 ans
"L'enquête initiale puis les investigations sur commission rogatoire ont confirmé la réalité des faits et conduit à la mise en examen de dix hommes âgés de 29 à 50 ans pour une partie des chefs susvisés, neuf d'entre eux ayant été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention", a indiqué Samuel Finielz. L'un des principaux mis en examen "a mis fin à ses jours le 21 juin 2025, alors qu'il était détenu provisoirement".
Concernant le père de l'enfant, il a été mis en examen "pour des faits d'agressions sexuelle incestueuse et de complicité de viols et agressions sexuelles aggravées au préjudice de son fils". Le procureur a également précisé que ce dernier "a également été victime de faits de viols et d'agressions sexuelles commis avec une substance chimique, au cours de la même soirée".
L'autorité parentale du père suspendue
L'enfant a été confié à sa mère, dont le père était séparé avant les faits, et bénéficie d'une prise en charge spécifique. "En application de l'article 378-2 du Code civil, l'autorité parentale du père et ses droits de visite et d'hébergement sur son fils sont suspendus", a précisé le parquet.
"Compte tenu de la nature des faits et de la nécessité de ne pas aggraver le traumatisme subi par l'enfant, aucun autre élément factuel ne sera donné sur ces faits", a conclu le procureur de la République. Les investigations se poursuivent sous la direction du juge d'instruction.