Manifestation des pompiers à Paris : un policier sérieusement blessé par l’explosion d’une bombe artisanale


Des heurts se sont enchaînés durant la manifestation des pompiers ce mardi à Paris. (capture écran vidéo Line Press)

28 personnes ont été blessées au cours de la manifestation des sapeurs-pompiers professionnels ce mardi à Paris, dont 14 membres des forces de l’ordre a indiqué la préfecture de police. Un policier a été sérieusement blessé, touché par l’explosion d’une bombe artisanale.


De nombreux heurts se sont produits durant la manifestation des pompiers professionnels ce mardi après-midi à Paris. Dans un communiqué de presse, la préfecture de police a évoqué des « groupes » qui, « pour parvenir à leurs fins, en sont venus au contact physique avec les forces de l’ordre soit directement en les repoussant, soit indirectement en leur jetant des projectiles ».

De « nombreux manifestants, la plupart revêtus de tenues de feu, se sont efforcés à de nombreuses reprises d’enfoncer les barrages installés en travers du cours de Vincennes », peut-on également lire. « La préfecture de police déplore 28 blessés, dont 14 parmi les forces engagées (9 gendarmes et 5 policiers) ».

Blessé par l’explosion d’une bombe et opéré dans la nuit

Parmi les policiers blessés, un fonctionnaire de la 32e Compagnie d’intervention de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) qui a été sérieusement blessé par les éclats d’une bombe artisanale, dans le mollet et sous la voûte plantaire rapporte 20 minutes.

Ce dernier a été transporté à l’hôpital d’instruction des armées Bégin à Saint-Mandé (Val-de-Marne), où il a été opéré au cours de la nuit. Le préfet de police Didier Lallemand lui a rendu visite ce mercredi matin.

160 CRS « contusionnés » selon le syndicat Unité SGP-FO

Un autre policier a reçu aux yeux un mélange de Dakin, un liquide antiseptique utilisé pour le lavage des plaies et des muqueuses, de couleur rose, contenant de l’eau de Javel, tandis que deux autres ont été brûlés par des jets de mortiers selon Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat Unité SGP-FO, qui précise que 160 CRS ont été « contusionnés » par des jets de projectiles ou par des coups reçus.

Un pompier touché par un tir de LBD à la tête ?

Plusieurs vidéos montrant un pompier qui s’est installé sur un canon à eau des forces de l’ordre et qui est ensuite touché vraisemblablement par un tir de lanceur de balles défense (LBD 40) au niveau de la tête, ont été diffusées sur les réseaux sociaux par plusieurs journalistes.

Le manifestant redescend ensuite du camion avant d’être pris en charge par ses collègues, alors qu’il est sonné mais conscient comme le montrent d’autres vidéos.

D’autres pompiers ont été blessés au niveau des jambes par des éclats de grenades selon plusieurs journalistes.

La violence « est totalement contraire aux valeurs qui unissent les sapeurs-pompiers de France »

De son côté, la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France a annoncé dans un communiqué qu’elle condamné « fermement les scènes de violences survenues hier, lors de la manifestation des sapeurs-pompiers professionnels dans les rues de Paris ».

« Utiliser la violence, pour se faire entendre est totalement contraire aux valeurs qui unissent les sapeurs-pompiers de France et de nature à décrédibiliser le message de fermeté demandé et attendu face à la recrudescence des agressions dont sont l’objet les sapeurs-pompiers eux-mêmes en intervention », a-t-elle écrit.

Le gouvernement s’est engagé à revaloriser la prime de feu des pompiers à 25%

Plusieurs syndicats de sapeurs-pompiers ont annoncé ce mardi soir qu’ils suspendaient leur mouvement de grève qui avait débuté il y a près de 7 mois. Les sapeurs-pompiers réclamaient la revalorisation de leur « prime de feu », qui représente 19% de leur salaire et qui n’a pas été revalorisée depuis 1990.

« L’intersyndicale a pris acte des engagements forts du ministère et a décidé de suspendre le mouvement et d’appeler à l’arrêt de la grève et à reprendre le travail normalement à partir du 1er février », a expliqué Frédéric Perrin, président du syndicat Spasdis-CFTC. Le gouvernement s’est notamment engagé à revaloriser dès l’été prochain, la prime de feu à 25% du salaire de base.