Marne : Un porte-parole local des Gilets jaunes tué par son ex-compagne sous les yeux de sa fillette


José Lortal, chauffeur routier de profession et porte-parole local des Gilets jaunes, a été tué vendredi à Fismes - Marne. (photo Facebook / Jose Lortal)

On en sait plus sur le meurtre de José Lortal, qui a été poignardé à mort par son ex-compagne. L’homicide a été commis en présence de la fille de cette dernière, âgée de 8 ans.

Les gendarmes avaient été alertés, vendredi, par les voisins d’un homme de 60 ans, domicilié au 7 bis allée des missions dans la commune de Fismes (Marne). Il avaient entendu des cris et des bruits suspects laissant penser à une bagarre. Sur place, les militaires avaient retrouvé José Lortal, 60 ans, grièvement blessé d’un coup de couteau dans l’abdomen. L’homme était finalement décédé sur place. Son ex-compagne, âgée de 30 ans, avait immédiatement avoué avoir porté le coup de couteau mortel, avant d’être placée en garde à vue.

La victime était une figure locale, depuis son passage télévisé durant le mouvement social des Gilets jaunes. Les militants avaient désigné ce chauffeur-routier de profession comme porte-parole du mouvement. Un engagement qui lui avait aussi valu une condamnation pour outrage et rébellion, après des heurts survenus lors de l’occupation d’un rond-point.

Son ex-compagne écrouée

Ce dimanche, son ex-compagne Laura T. a été mise en examen et placée en détention provisoire pour « meurtre par ex-conjoint ». Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, avait requis son incarcération évoquant des craintes de « pressions sur le témoin principal ». Le « témoin principal » étant la propre fille de la mis en cause, âgée de 8 ans. Elle a assisté à toute la scène, relate Le Parisien.

Une altercation sur fond d’alcool

L’enquête a rapidement avancé dans cette affaire criminelle. Vendredi en fin d’après-midi, Laura T., accompagnée de sa fille de 8 ans, a rendu visite à José Lortal. L’ancien couple séparé depuis près de 5 mois s’est alcoolisé. Laura T. aurait confié à son ancien compagnon qu’elle prévoyait de se remettre en couple avec le père de sa fille. C’est à ce moment-là que la situation a basculé.


Les secours ont été alertés par la trentenaire elle-même, à 21 heures. José Lortal était alors grièvement blessé d’un coup de couteau à l’abdomen. Aux enquêteurs de la brigade de recherches de Reims, la mise en cause a expliqué qu’une altercation avait eu lieu entre elle et son ex-compagnon et que, pour se défendre, elle l’avait frappé avec un couteau trouvé sur la table.

Le témoignage de la fillette déterminant

Or, cette scène d’une absolue violence s’est déroulée sous le regard de la fillette de Laura T. Et l’enfant, auditionnée par les enquêteurs, a livré un témoignage déterminant et bien différent de celui de sa mère.

Elle a confirmé que sa mère et José Lortal ont eu une dispute, mais elle a confié aux enquêteurs que lorsque sa mère a frappé le sexagénaire, l’altercation était déjà finie. Confrontée à ces déclarations durant sa garde à vue, Laura T. a finalement reconnu avoir poignardé son ex-conjoint alors qu’elle n’était plus menacée.

Des aveux précis

La trentenaire a avoué avoir pris le couteau qui se trouvait sur la table, à deux reprises, alors que la dispute était terminée. « Elle avait une première fois reposé le couteau, puis l’avait repris une deuxième fois, l’avait alors utilisé en frappant son ex-conjoint une seule fois, mais, selon elle, alors qu’il voulait à nouveau s’en prendre à elle », a précisé le procureur de la République.

Déjà, un rendez-vous avec la justice repoussé

Laura T. n’a jamais été condamnée, mais elle n’était toutefois pas inconnue de la justice. Elle devait comparaître devant le tribunal de Reims le 23 mars dernier, pour des violences commises sur José Lortal en avril 2019.

Le sexagénaire devait également être jugé ce jour-là pour « violences sur ex-conjoint, violation de domicile, menace de mort et appels malveillants », commis contre Laura T. et son amant de l’époque en mars et avril 2019. En raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, le procès ne s’était pas tenu et avait été renvoyé à une date ultérieure.