Nantes : L’homme accusé d’avoir incendié la cathédrale faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français


110 sapeurs-pompiers sont intervenus sur l'incendie de la cathédrale de Nantes, samedi 18 juillet 2020. (photo SDIS 44)

Le procureur de la République de Nantes (Loire-Atlantique) a dévoilé de nouveaux éléments de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul samedi dernier, après la mise en examen d’un homme de 39 ans. Ce dernier faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis novembre 2019.

Il avait été placé en garde à vue une première fois quelques heures après l’incendie de la cathédrale puis remis en liberté. Un bénévole du diocèse a finalement été mis en examen et écroué. Ce Rwandais âgé de 39 ans a reconnu les faits lors de ses auditions face aux enquêteurs de la police judiciaire.

« Après ses déclarations [lors de sa première garde à vue], il y a eu un travail considérable de la police judiciaire pour les vérifier et les corroborer. On a constaté qu’il y avait un certain nombre d’éléments qui étaient divergents par rapport à ce qu’il nous avait déclaré », a révélé Pierre Sennès, le procureur de la République de Nantes, interrogé par Ouest France.

Le suspect « était dans le secteur de la cathédrale, le matin »

De nouveaux éléments d’enquête et notamment les premiers résultats du laboratoire de la préfecture de police de Paris, ont orienté « de plus en plus » les investigations « vers une piste criminelle ». « On a pu déterminer qu’il [le suspect] était dans le secteur de la cathédrale, le matin, dans le créneau horaire où le feu s’est déclaré, grâce à des caméras aux alentours de l’édifice, celui-ci n’en étant pas doté », a détaillé le procureur.

« On a constaté, sur deux des trois sites où ont eu lieu des départs de feu, des éléments troublants, qui pouvaient corroborer une intervention extérieure et un geste criminel. On a retrouvé, par exemple, un produit inflammable, qui pouvait être utilisé pour allumer l’incendie », a-t-il ajouté.


Le mis en cause « avait épuisé toutes les voies de recours » concernant sa situation administrative

Le magistrat a également expliqué que le trentenaire était en situation irrégulière. Il faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis novembre 2019 a rapporté le quotidien régional. Selon nos confrères, le mis en cause « avait épuisé toutes les voies de recours, y compris la commission d’appel des réfugiés, ainsi que le statut d’étranger malade qu’il avait tenté d’obtenir ».

L’homme qui était un bénévole, était chargé d’assurer la sécurité de la cathédrale. Il était protégé par l’évêché qui avait demandé un geste au préfet concernant sa régularisation, mais avait essuyé un refus.

« Il est certain que le juge d’instruction devra ordonner une expertise psychiatrique. C’est une étape indispensable pour en savoir un peu plus sur ses motivations et son état d’esprit. Le résultat sera intéressant », a par ailleurs déclaré le magistrat.

« Il y a eu un investissement très fort des enquêteurs »

Un juge d’instruction va désormais prendre la direction des investigations et va délivrer une commission rogatoire aux enquêteurs de la police judiciaire. « Il y a encore du travail à accomplir, notamment au niveau de la police technique et scientifique », a-t-il rappelé.

« Je tiens à saluer le travail impressionnant de la police judiciaire. Ils ont mis de gros moyens et il y a eu un investissement très fort des enquêteurs, qui ont fait preuve d’un grand professionnalisme », a souligné Pierre Sennès.