Samuel Paty : Ils apportent leur soutien au terroriste lors de la rentrée, des lycéens et des collégiens interpellés


Illustration. (Adobe Stock)

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes après l’interpellation de collégiens pour des faits d’apologie du terrorisme, commis lors de l’hommage rendu à Samuel Paty ce lundi pour la rentrée des classes.

Le gouvernement a souhaité rendre un hommage appuyé ce lundi matin, à Samuel Paty, l’enseignant assassiné lors de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) le 16 octobre dernier. La « Lettre aux instituteurs et institutrices » de Jean-Jaurès a été lue aux élèves dans toutes les écoles de France et une minute de silence a été observée à l’issue. Tout s’est déroulé normalement, ou presque. Plusieurs collégiens et lycéens ont en effet été interpellés dans plusieurs villes de France, pour apologie du terrorisme. Ils sont accusés d’avoir justifié l’attentat ou apporté leur soutien au tueur.

Deux lycéens de 16 ans ont été interpellés à Miramas (Bouches-du-Rhône). La directrice du lycée professionnel « Les Alpilles », a contacté les policiers ce lundi vers 12h40 pour les prévenir que deux élèves avaient fait l’apologie du terrorisme lors de la minute de silence en hommage à Samuel Paty.

« Le prof l’a cherché », aurait lancé l’un des adolescents. Quant au second, il aurait expliqué « qu’il y en avait marre de bafouer l’Islam », ajoutant que vu ce qu’il se passe « avec les caricatures de Charlie Hebdo », c’est bien cherché. Les deux élèves ont été placés en garde à vue. L’enquête a été confiée au commissariat de la ville. Le duo était jusqu’ici inconnu des services de police.

« J’aurais fait la même chose en filmant la scène sur les réseaux sociaux »

Situation similaire, ou presque, à Marseille. Un élève du collège Chape (4e) a pris la parole juste avant la minute de silence. Les propos qu’il est accusé d’avoir tenu sont glaçants. « Je connaissais l’agresseur, je soutiens son geste et j’aurais fait la même chose en filmant la scène sur les réseaux sociaux », a-t-il lâché selon le personnel de l’établissement. Âgé de seulement 14 ans, il a ensuite quitté le collège. La police a été alertée et a interpellé le suspect à son domicile. Il a été placé en garde à vue.


Une perquisition a été réalisée dans le logement mais n’a pas permis de découvrir d’éléments inquiétants. La brigade de sûreté urbaine (BSU) a été chargée de mener les investigations dans ce dossier.

Deux élèves de 12 ans

Une autre enquête a été ouverte, à Strasbourg (Bas-Rhin). Elle vise deux adolescents… de 12 ans. Ces derniers sont scolarisés dans des collèges publics de l’agglomération strasbourgeoise, a expliqué le parquet de Strasbourg. Eux aussi sont accusés d’avoir tenu des propos qui justifiaient l’assassinat de Samuel Paty. Deux autres incidents se sont produits dans ce même département. Ils concernent deux enfants de 8 et 9 ans. Une « évaluation sociale par les services du département » du Bas-Rhin a été ordonnée a mentionné le parquet.

Quelques jours après l’attentat de Conflans, un adolescent de 14 ans avait également été interpellé dans l’Essonne. Ce dernier avait fait part de son soutien au terroriste sur Instagram.

66 enquêtes ouvertes

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué ce lundi que 66 enquêtes pour apologie du terrorisme avaient été ouvertes depuis la mort de Samuel Paty, suite à des signalements effectués sur la plateforme Pharos.

« Les interpellations que nous faisons sont souvent le fait de jeunes personnes, qui ont entre 12 et 16 ans, qui utilisent des mots extrêmement crus », avec une « habitude face à l’hyper violence, notamment inspirée par l’État islamique, extrêmement préoccupante », a détaillé le ministre devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.