Seine-Saint-Denis : La fresque contre les «violences policières» à Stains a été vandalisée


La fresque a été recouverte de graffitis ce samedi. (photo Remy Buisine)

La fresque « contre le racisme et les violences policières » où les visages d’Adama Traoré et de Georges Floyd sont représentés, à Stains (Seine-Saint-Denis), a été vandalisée ce samedi.

L’œuvre avait été inaugurée le 18 juin dernier par le maire (PCF) de Stains, Azzedine Taïbi, réélu au premier tour des élections municipales.

Sur cette fresque dessinée par le « Collectif Art » dans la rue Pierre-de-Geyter, les visages d’Adama Traoré décédé en 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) après son interpellation et de Georges Floyd, mort des suites de son insoutenable arrestation à Minneapolis (États-Unis) fin mai, sont réunis. « Contre le racisme et les violences policières », peut-on lire au-dessus des deux visages.

La fresque a été recouverte de graffitis ce samedi, indiquant « Extorsion, vol, stop aux Traoré » ainsi que « Braqueur de femmes enceinte ». Les circonstances de cet acte de vandalisme sont pour l’heure inconnues.

Le maire a été mis en demeure de la modifier

Le syndicat de police Alliance avait fait part de sa colère peu après l’inauguration de la fresque, dénonçant une « ultime provocation par un élu de la République qui stigmatise les policiers » et avait appelé à un rassemblement le 22 juin devant l’œuvre d’art, qui s’est finalement déroulé devant la préfecture du département.


A cette occasion, des représentants du syndicat avaient été reçus par le préfet de Seine-Saint-Denis Georges-François Leclerc, qui avait annoncé qu’il allait mettre en demeure le maire de Stains, Azzedine Taïbi, de retirer la mention « policières ».

L’élu a indiqué ce vendredi qu’il avait été mis en demeure par la préfecture. « Monsieur le préfet me met en demeure de supprimer le mot ‘policières’ de la fresque. Cette injonction était celle du syndicat de policiers Alliance. Je ne saisis pas le sens de cette mise en demeure infondée », a expliqué Azzedine Taïbi à franceinfo, ajoutant qu’il avait mandaté son avocat Arié Alimi « afin d’étudier les suites à donner ».

« La fresque de Stains met en scène un amalgame honteux »

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait estimé en début de semaine que « la fresque de Stains met en scène un amalgame honteux entre racisme, violence et forces de l’ordre ». « Je refuse que l’on salisse leur honneur », avait-il ajouté, disant soutenir la démarche du préfet visant à modifier l’œuvre « face à ceux qui veulent attiser la haine ».

« S’il y a une tâche de peinture, si cette fresque disparaît, si une lettre disparaît, on tiendra pour seul responsable le syndicat de police Alliance », avait affirmé Assa Traoré le 22 juin.