Touristes scandinaves décapitées au Maroc : 3 hommes condamnés à la peine de mort


Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland ont été tuées dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018, dans le sud du Maroc.

Trois hommes ont été condamnés à la peine de mort au Maroc ce jeudi pour avoir tué et décapité Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans près du mont Toubkal au Maroc, dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018.

Ils ont prononcé leurs dernières paroles devant le tribunal de Salé, près de Rabat (Maroc) avant que la sentence soit prononcée. « Il n’y a de Dieu que Dieu (…) Qu’il me pardonne », a déclaré le cerveau du groupe, Abdessamad Ejjoud, qui était vêtu de l’habit traditionnel des salafistes, barbe et kufi blanc.

Ce dernier a reconnu avoir organisé le meurtre des deux touristes scandinaves dans les montagnes du Haut-Atlas avec deux complices, au nom du groupe État Islamique (EI).

190 000 euros de dédommagements

Les trois tueurs ont été condamnés à la peine de mort ce jeudi pour assassinat. De plus, ils ont été condamnés, ainsi qu’un de leurs complices, à verser 190 000 euros de dédommagements aux parents de Maren Ueland. Le tribunal a toutefois refusé d’accéder à la demande de la famille de Louisa Vesterager Jespersen qui réclamait 930 000 euros de la part de l’Etat marocain pour sa « responsabilité morale ».

Les 21 autres accusés ont écopé de peines allant de 5 ans de prison à la perpétuité.


Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans, et Rachid Afatti, 33 ans ont été condamnés à mort.

Les victimes décapitées, une vidéo avait été diffusée sur les réseaux sociaux

Dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018, Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, avaient planté leur tente dans un site isolé du massif du Haut-Atlas (Maroc), sur la route du Mont Toubkal, le plus haut sommet de l’Afrique du nord. C’est là qu’elles ont été tuées. L’autopsie a comptabilisé 23 blessures sur le corps de l’une des victimes, et 7 sur celui de la seconde.

Une vidéo montrant la décapitation d’une victime avait été diffusée sur les réseaux sociaux peu après le double meurtre. Sur ces images insoutenables, l’un des auteurs a déclaré agir « pour nos frères d’Hajin [ville en Syrie] ». Les quatre principaux accusés avaient également diffusé une vidéo dans laquelle il faisait allégeance au groupe EI.

« Les deux victimes ont été poignardées, égorgées puis décapitées », avait expliqué le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) en charge de cette enquête, quelques jours après les faits.

Ce double assassinat a provoqué un vif émoi au Maroc. Même si des peines de mort sont prononcées par la justice du pays, un moratoire est appliqué depuis 1993. Plusieurs pétitions ont circulé sur internet pour réclamer la peine de mort pour les trois accusés.