Vidéos de dealers dans le quartier Mistral à Grenoble : il s’agirait des images d’un clip de rap


Capture vidéo du clip de rap Chicagre de Corbak Hood. (Youtube / C.H.)

Les vidéos, qui ont notamment été la source d’une passe d’armes entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le maire de Grenoble Eric Piolle, ont été vraisemblablement tournées pour un clip de rap.

Ce sont deux séquences qui ont fait couler beaucoup d’encre. Diffusées sur les réseaux sociaux mardi dernier, on pouvait y voir des individus en armes, encagoulés, en faction dans le quartier Mistral à Grenoble (Isère), ou encore des dealers réunis autour d’une table recouverte de bonbons et de bocaux semblant contenir de la drogue.

La scène, alors confirmée dans son authenticité par le procureur de la République de Grenoble Eric Vaillant, et qu’il qualifiait d’« inadmissible », fait partie du clip de rap de la chanson « Chicagre » du rappeur grenoblois Corbak Hood.

Dans le montage vidéo mis en ligne sur sa chaîne Youtube, les premières notes de musique débutent sur les images de l’un des reportages télévisés traitant du sujet.

 


Plusieurs opérations de police dans le quartier du Mistral

Les courtes vidéos publiées sur les réseaux sociaux avaient provoqué la discorde, autant sur le plan politique que dans l’opinion publique. Les autorités avaient émis toutes sortes d’hypothèses pour expliquer cette scène : publicité organisée par des trafiquants de drogue – qui n’en sont pas à leur coup d’essai – pour attirer les clients, tentative d’intimidation destinée aux bandes rivales, ou encore tournage sauvage d’un clip de rap.

Le fait est que ces séquences ont provoqué plusieurs opérations de police dans le quartier du Mistral. La première, qui a eu lieu le 26 août, s’est soldée par le contrôle d’au moins 50 consommateurs de drogue et la saisie de deux scooters. D’autres ont abouti à 14 interpellations et 6 gardes à vue.

La préfecture de l’Isère a annoncé « avoir amplifié ses contrôles contre le trafic de drogue dans l’agglomération grenobloise, afin de lutter contre les différentes formes de délinquance, notamment le trafic de stupéfiants, et de rétablir l’autorité de l’État face à ceux qui défient l’ordre républicain », dans un communiqué daté de ce lundi.

Pas sûr donc, que les trafiquants du quartier aient apprécié la médiatisation qui a découlé de la publication de ces séquences vidéo. Il n’est toutefois « pas exclu que ces vidéos aient été une commande des dealers […] et que, voyant l’ampleur que cette affaire prenait, elles aient été ensuite reprises, avec leur autorisation, dans ce clip pour faire baisser la pression tout en ridiculisant l’institution » avance un connaisseur du milieu grenoblois cité par Le Dauphiné.

Le rappeur à l’origine de ce clip, et qui ne serait même pas domicilié au Mistral, devra sans doute rendre des comptes : ce tournage n’avait fait l’objet d’aucune autorisation légale.