Colère dans la police : plusieurs centaines de policiers se rassemblent devant l’Arc de Triomphe


Près de 300 policiers se sont rassemblés sur la place de l'Étoile à Paris dans la nuit de samedi à dimanche. (photo Actu17 ©)

De très nombreux policiers se sont rassemblés ce samedi soir devant l’Arc de Triomphe à Paris, dès 23h30, pour faire part une nouvelle fois de leur colère.

Nouvelle manifestation nocturne des policiers. Quelques heures seulement après une manifestation contre les « violences policières » et en soutien des proches d’Adama Traoré, des centaines de policiers, environ 300, ont décidé de se rassembler place de l’Étoile, en haut des Champs-Élysées de Paris (VIIIe). Symboliquement et comme dans les autres rassemblements ces derniers jours, les policiers ont jeté leurs menottes au sol avant d’entonner « La Marseillaise ».

Une mobilisation à l’initiative des fonctionnaires de la BAC75N, la brigade anticriminalité parisienne de nuit, à laquelle des policiers d’autres unités ont participé. La maire du VIIIe arrondissement, Jeanne d’Hauteserre, était également présente.

Cette nouvelle action fait suite à de nombreuses autres partout en France, avec toujours le même sentiment d’exaspération qui revient chez les policiers. Tout est parti des déclarations du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ce lundi lors d’une conférence de presse, qui a soudainement annoncé la fin de la méthode « contrôle tête », dite également « d’étranglement », qui permet de maîtriser un individu virulent ou violent, sans faire usage d’une arme intermédiaire.

Le ministre a confirmé sa décision ce vendredi dans un communiqué, expliquant qu’une « prise arrière » est toujours possible. La décision « ne remet pas en cause, dans les cas de confrontations physiques avec des individus qui opposent une résistance, la possibilité de réaliser une prise arrière de façon à amener l’individu au sol pour le menotter », peut-on lire dans ce communiqué signé par Christophe Castaner et son secrétaire d’État Laurent Nuñez.

« Un groupe de travail sera chargé d’ici le 1er septembre de déterminer les techniques et moyens matériels de substitution, auxquels les fonctionnaires seront alors formés », peut-on aussi lire. Quant aux « soupçons avérés » de racisme, un terme qui a grandement irrité les policiers, Christophe Castaner a évoqué « une connerie », « une maladresse ».

« Mes collègues se sentent lâchés, abandonnés, par leur ministre de tutelle »

Rien qui ne puisse calmer la colère des policiers à ce stade. « C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a expliqué Yoann Maras, secrétaire départemental à Paris du syndicat Alliance Police Nationale, interrogé en direct par le média Brut. « Aujourd’hui, face à ces propos, mes collègues se sentent lâchés, abandonnés, par leur ministre de tutelle », a-t-il insisté.


« Si le président de la République, qui doit prendre la parole demain soir [ce dimanche], ne réaffirme pas un soutien plein et entier envers sa police nationale et si nous n’avons pas des messages forts qui sont passés, il va falloir s’attendre à ce que le mouvement prenne de l’ampleur et que des actions de policiers soient encore menées », a prévenu le syndicaliste et d’ajouter : « Il y a une cassure qui a été créée par le ministre de l’Intérieur et il va falloir qu’il regagne la confiance des policiers, qu’il a perdu en début de semaine ».