De nouveaux tags menaçant les policiers de décapitation découverts dans les Yvelines


Illustration. (Jose Hernandez Camera 51/shutterstock)

De nouveaux tags anti-police faisant l’apologie du terrorisme et menaçant de mort les policiers ont été découverts ce vendredi, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), dans le quartier sensible de la Noé. Des actes qui surviennent dans un climat très tendu pour les forces de l’ordre.

« On va vous couper la tête comme Samuel Paty la BST ». C’est l’un des messages tagués que les policiers ont découvert ce vendredi après-midi, dans un hall d’immeuble de la place du Trident, à Chanteloup-les-Vignes. Des menaces de mort qui visent les policiers de la brigade spécialisée de terrain, régulièrement présents sur place. « Magnanville », peut-on également lire, écrit en lettres capitales. Il s’agit de la commune où un couple de policier – Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider – a été sauvagement tué sous les yeux de leur fils, en 2016, à leur domicile.

D’autres inscriptions au marqueur noir sont présentes et évoquent le conflit sanglant entre Israël et la Palestine. « La France est un pays raciste », a aussi été écrit ou « Vive l’État islamique », « Objectif tué un policier de Conflans », et « Brûlée la BST à l’acide ».

« Quand on regarde le graphisme, on s’aperçoit que ce sont sûrement des gamins de 15 ans », déplore la maire DVD de Chanteloup-les-Vignes qui dénonce « des faits inacceptables », à nos confrères du Parisien. « J’y vois un lien avec le travail très efficace de la police ces derniers temps ».

Les tags de ce type visant directement les policiers se sont en tout cas multipliés ces dernières semaines en France. A Floirac en Gironde ce lundi, les policiers ont trouvé des inscriptions sur les murs d’un bâtiment dans la cité du Midi : « Récompense assurée si tu brûles la Passat. Si un policier meurt, on double la paie. 300 000$ ». « Balle dans le front pour Eric Masson, prochaine cible => BST du 8ème », a aussi été tagué sur un mur de l’école Jean-Mermoz à Lyon.

En avril, des photos personnelles de policiers ont été retrouvées dans les parties communes d’un immeuble de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). Des clichés venant d’un groupe WhatsApp nommé « Mort aux flics ». D’autres photos avaient aussi été trouvées accrochés dans un hall d’immeuble à Épinay-sur-Seine. A Paris le 1er mai, « ACAB. Magnanville partout » a été tagué lors de la manifestation, sur un rideau de fer. A chaque fois, une enquête a été ouverte.

Des faits qui surviennent dans une période très difficile pour les policiers, confrontés au terrorisme mais aussi à une violence accrue et décomplexée. En l’espace de quelques semaines, un attentat au commissariat de Rambouillet (Yvelines) a coûté la vie à Stéphanie Monfermé, une fonctionnaire administrative, et un policier d’Avignon, Éric Masson, a été tué de deux balles lors d’une intervention pour une simple transaction de stupéfiants.

« On doit être vigilant sur absolument tout, pendant et en dehors du service »

Il y a 48 heures, un brigadier-chef de 50 ans a été grièvement blessé en intervenant pour un tapage nocturne causé par un groupe d’une quinzaine d’individus, à Rive-de-Gier (Loire). Après avoir eu son pronostic vital engagé ce vendredi, son état de santé s’est depuis amélioré.

Des événements graves qu’il faut ajouter aux attaques récurrentes aux mortiers d’artifice visant les forces de l’ordre, mais aussi les commissariats. « On va au travail en gardant dans un coin de notre tête que l’un d’entre nous pourrait finir à l’hôpital, finir handicapé ou être tué », glisse un policier des Yvelines, travaillant sur le terrain depuis une vingtaine d’années. « Entre le terrorisme et les actes violents anti-flic, on doit être vigilant sur absolument tout, pendant et en dehors du service. C’est usant », confie-t-il, déboussolé.

L’ensemble des syndicats de police ont organisé une « marche citoyenne » à Paris ce mercredi, suite au meurtre d’Éric Masson et aux nombreux actes anti-police survenus ces derniers mois.

Al-Qaïda promet 60 000 dollars pour tuer un policier

Dans le second numéro de son magazine « Manhattan Wolves » paru le 14 avril dernier, l’organisation terroriste Al-Qaïda promet la somme de 60 000 dollars, qu’elle affirme pouvoir payer en Bitcoin (une cryptomonnaie, ndlr), pour celui qui assassinerait un policier dans n’importe quel pays occidental. La publication évoque notamment l’attaque des forces de l’ordre au cours d’une manifestation. Une alerte prise au sérieux par les services de renseignement espagnols qui ont publié une note le 20 avril, afin de mettre en garde l’ensemble des policiers du pays.