1er-Mai à Paris : « ACAB Magnanville partout », un tag écœurant au milieu des violences de la manifestation


Un tag évoquant l'attentat de Magnanville a été découvert boulevard Voltaire, à Paris. (photo @PVB71372810)

La manifestation du 1er mai a été marquée par des violences à l’encontre des policiers et des gendarmes, mais également contre les sapeurs-pompiers et des militants de la CGT. Un tag faisant l’apologie du terrorisme a aussi été découvert sur le boulevard Voltaire (XIe). Une référence à l’attentat de Magnanville qui a coûté la vie à un couple de policiers, il y a bientôt cinq ans.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris ce samedi après-midi pour le 1er-Mai et cette journée internationale des travailleurs. Plus de 300 cortèges étaient organisés dans toute la France et des violences ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Lyon, à Nantes ou encore à Paris où une vingtaine de militants de la CGT ont été agressés et blessés.

A Lyon, la préfecture a annoncé que 27 policiers et gendarmes avaient été blessés durant des violences. La vidéo d’un CRS violemment poussé par terre a été visionnée près de 180 000 fois sur Twitter. Dans la capitale, les forces de l’ordre ont aussi été prises pour cible à de multiples reprises. En témoignent les nombreuses images publiées sur les réseaux sociaux. Les policiers et les gendarmes sont intervenus dans le cortège pour procéder à des interpellations et empêcher la constitution d’un black bloc a signalé la préfecture de police, évoquant « des éléments radicaux en avant-cortège ». Trois policiers et gendarmes ont été blessés au cours de cet après-midi et 46 personnes ont été interpellées au total.

En marge de cette manifestation, les policiers ont également dû mettre fin à une « free party » dans le parc de Bercy (XIIe). Une intervention qui a donné lieu à des jets de projectiles mais également à plusieurs interpellations.

Des pompiers agressés

Des sapeurs-pompiers ont eux aussi été pris à partie lors de leurs interventions, l’un violemment. « Un sapeur-pompier de Paris a été lâchement agressé par un manifestant, alors qu’il intervenait pour éteindre un début d’incendie ! », déplorent les sapeurs-pompiers de Paris. « S’en prendre aux sapeurs-pompiers, c’est s’en prendre directement aux victimes que nous venons secourir ! ».

« Il faut être fort et déterminé dans sa mission pour ne pas céder à la colère »

Un tag découvert sur un rideau de fer, sur le boulevard Voltaire (XIe), a provoqué la colère des forces de l’ordre. « ACAB Magnanville partout » peut-on lire. Quatre lettres qui signifient « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds », ndlr). Il s’agit d’un slogan anti-police né durant la grève des mineurs entre 1984 et 1985, au Royaume-Uni. La commune de Magnanville (Yvelines) est celle où deux policiers ont été assassinés à leur domicile par un terroriste, il y a bientôt cinq ans. Des mots qui sont de l’ordre de l’apologie du terrorisme et qui interviennent une dizaine de jours après l’assassinat de Stéphanie Monfermé à Rambouillet dans un attentat, alors même qu’un hommage national lui a été rendu ce vendredi. La préfecture de police de Paris a annoncé ce lundi matin avoir saisi le procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, concernant cette affaire.

« Il faut être fort et déterminé dans sa mission pour ne pas céder à la colère et rester dans le cadre de la loi », s’indigne Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Unité SGP Police FO suite à la découverte de ce tag. « Dans l’indifférence de nos autorités ou des élus de cette République qui choit, nos larmes et notre dégoût ». « C’est abject mais finalement assez évocateur de la vermine à laquelle nous avons affaire », réagit de son côté le syndicat Synergie officiers. « Dégoût à la vue de cet ignoble tag anti-flic quelques jours à peine après l’assassinat de Stéphanie à Rambouillet », écrit le syndicat des cadres et de la sécurité intérieure (SCSI) sur Twitter.

Les policiers que nous avons interrogés concernant cette journée du 1er-Mai et ce tag sont révulsés. Ils évoquent tour à tour leur ras-le-bol mais aussi leur inquiétude quant à cette volonté affichée de « casser du flic » qu’ils trouvent très régulièrement face à eux, ainsi que cette menace terroriste dont ils sont la première cible en France ces derniers années.

Des agressions quotidiennes

Mi-avril, des photos personnelles de policiers de Seine-Saint-Denis ont été découvertes accrochées dans un hall d’immeuble à Épinay-sur-Seine, puis quelques jours plus tard à Villetaneuse. Les agressions – notamment des guet-apens – qu’ils subissent sont quotidiennes, que ce soit avec des mortiers d’artifice ou des jets de projectiles, ou même des coups, comme à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) lundi où trois fonctionnaires de police ont été sérieusement blessés par les deux hommes qu’ils contrôlaient. Ces derniers ont finalement été remis en liberté en l’attente de leur jugement.

Il y a aussi ce policier qui a été encerclé et roué de coups par une dizaine d’individus à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) cette semaine. A Pantin, un fonctionnaire a aussi reçu un coup de tête lors de vérifications. La semaine dernière, le commissariat de Trappes a été visé par des tirs de mortiers d’artifice plusieurs nuits de suite. La veille à Évry (Essonne), les forces de l’ordre ont été prises à partie par une cinquantaine d’individus.