Le mardi 3 février 2026 à 21:16
Une professeure d'arts plastiques a été grièvement blessée à coups de couteau par un de ses élèves, âgé de 14 ans, au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer (Var), ce mardi 3 février 2026. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a fait le point en fin de journée.
L'agression s'est produite vers 14h20, "au moment de l'inter-cours", dans une classe de troisième qui comptait 22 élèves. Le collégien, né en mars 2011, a frappé son enseignante, âgée de 60 ans, à l'aide d'un couteau de type Opinel, "l'atteignant à trois reprises à l'abdomen et à une reprise à l'avant-bras gauche", indique le procureur. "Au moins une partie de ces élèves ont assisté à la scène."L'adolescent a ensuite été "appréhendé dans la cour de récréation par un personnel de l'établissement".
La victime a été prise en charge par les secours et transportée à l'hôpital Saint-Anne de Toulon, où elle a subi une intervention chirurgicale en urgence. "À cette heure-ci, son pronostic vital est toujours engagé", indiquait le magistrat à 19h40. Le collégien a été placé en garde à vue "du chef de tentative d'assassinat, c'est-à-dire de tentative de meurtre susceptible d'avoir été aggravée par la préméditation".
«La professeure victime aurait effectué des rapports de nature disciplinaire»
"En l'état des investigations qui débutent à peine, aucun élément de radicalisation religieuse ou politique n'est apparu", souligne Raphaël Balland. Concernant un éventuel mobile, "la professeure victime aurait effectué des rapports de nature disciplinaire concernant le comportement de l'élève mis en cause".
"Quand la sonnerie a retenti, je rangeais mes affaires avec un autre pote et d'un coup, j'entends la prof hurler de douleur et je me retourne, j'étais sous le choc", a raconté un élève à TF1. "Il [le suspect] était paniqué, il a dit qu'il avait poignardé cette professeure et du coup il pleurait, puis après il a vu notre CPE. Il a couru vers notre CPE et c'est tout", a confié un autre élève à nos confrères.
Un signalement pour une «suspicions de violences» en mars 2025
L'adolescent "était inconnu jusqu'à présent de la police et de la justice pour des faits de nature pénale", poursuit le procureur. Cependant, "un signalement avait été effectué en mars 2025 par le même collège à la suite de suspicions de violences commises par les parents au préjudice de la jeune sœur du mis en cause". L'enquête menée par le commissariat de Sanary "n'avait pas permis de prouver que les enfants avaient été victime de violences". Le parquet avait donc classé l'affaire sans suite en juin 2025, "tout en saisissant le juge des enfants en assistance éducative".
En septembre 2025, le juge des enfants ordonnait "une mesure d'assistance éducative au bénéfice de l'auteur des faits et surtout de sa jeune sœur, notamment dans le but de mettre en place une thérapie familiale". L'adolescent était décrit comme "peu loquace" et "aucun élément de dangerosité le concernant n'était relevé".
Le procureur de la République s'est rendu sur place et a confié les investigations aux commissariats de Sanary et à la division de la criminalité territoriale (DCT) de Toulon.