Fuite de Carlos Ghosn au Liban : les jets privés utilisés «illégalement» selon la compagnie


Carlos Ghosn le 29 septembre 2016 à Paris. (Frederic Legrand - COMEO/Shutterstock)

Dans un communiqué ce vendredi, la compagnie aérienne turque MNG dénonce l’utilisation « illégale » de deux de ses appareils par l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, pour sa fuite au Liban.


Le mystère s’éclaircit peu à peu. Carlos Ghosn a utilisé deux jets privés « illégalement » pour se rendre au Liban, en passant par Istanbul, affirme ce vendredi la compagnie turque MNG Jet, qui annonce dans le même temps avoir déposé plainte.

« MNG Jet a déposé une plainte au sujet de l’utilisation illégale de ses services d’aviation privée en lien avec la fuite de Carlos Ghosn », précise le communiqué qui explique que l’un de ses employés avait « falsifié des documents ». Ce dernier fait partie des sept personnes interpellées par la police turque.

Un décollage à Osaka vers Istanbul

« En décembre 2019, MNG Jet a loué deux jets privés distincts à deux clients différents : un jet privé de Dubaï à Osaka et Osaka à Istanbul, et un autre jet privé d’Istanbul à Beyrouth. (…) Les deux baux n’étaient apparemment pas liés l’un à l’autre. Le nom de M. Ghosn n’apparait pas dans la documentation officielle d’aucun des vols », précise la compagnie aérienne.

Carlos Ghosn aurait donc décollé d’Osaka et non de Tokyo, soit à près de six heures de route de la capitale japonaise. MNG Jet a précisé que les deux appareils ne lui appartenaient pas et qu’elle les exploitait seulement. Une enquête interne a aussi été ouverte dans la société.


Les sept suspects interpellés par la police turque sont quatre pilotes, deux personnels au sol et un cadre de MNG Jet. Ces derniers doivent être déférés ce vendredi devant la justice.

Un départ seul de sa résidence

Par ailleurs, l’exploitation de la vidéosurveillance a montré que Carlo Ghosn avait quitté seul son logement de Tokyo le jour de sa fuite, selon des sources proches de l’enquête citées par la chaîne publique japonaise NHK qui révèle cette précision ce vendredi.

D’autre part, Carlos Ghosn est visé depuis ce jeudi par une « notice rouge » d’Interpol. Le Liban n’est toutefois aucunement obligé d’arrêter son ressortissant suite à ce mandat d’arrêt de l’Organisation internationale de police criminelle. Le droit libanais ne permet d’ailleurs pas aux autorités de livrer un de ses ressortissant à un pays étranger.