Le vendredi 17 avril 2026 à 12:25
Une famille de six personnes, parmi lesquelles deux enfants, a été séquestrée puis violentée à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) le 10 avril dernier par des malfaiteurs qui cherchaient à s'emparer de cryptomonnaies. Quatre individus ont été interpellés dans la foulée, mis en examen et placés en détention provisoire, a annoncé ce mercredi le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, dans un communiqué.
Les faits se sont produits vendredi 10 avril vers 6 heures, dans une maison située en bord de mer qui constitue la résidence secondaire de la famille, comme l'a révélé Actu17. Cinq individus encagoulés ont fait irruption dans le domicile, où se trouvaient un couple de septuagénaires, leur fils, sa compagne et leurs deux enfants, âgés de 10 et 13 ans. Les six membres de la famille ont été ligotés. Les deux femmes et les deux enfants ont été séquestrés dans une pièce séparée, tandis que les deux hommes ont reçu des coups. Les malfaiteurs ont finalement pris la fuite avec des bijoux et de l'argent notamment.
Selon le procureur de Bordeaux, les investigations ont permis d'établir que c'est en réalité l'ancien propriétaire du logement qui était visé, les malfaiteurs le soupçonnant de posséder un important portefeuille de cryptomonnaies.
La juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux a ouvert une information judiciaire mardi 14 avril. Les quatre suspects sont poursuivis, entre autres, pour séquestration en bande organisée liée à la commission d'un autre crime et vol avec violence en bande organisée. Ils ont été mis en examen par le juge d'instruction et placés en détention provisoire. Les prochaines étapes de l'enquête viseront notamment à identifier les commanditaires et à interpeller les individus toujours en fuite.
Un phénomène en plein essor
Le parquet bordelais a par ailleurs récupéré un autre dossier : celui d'une femme enlevée dans la région toulousaine le 23 mars. Les agresseurs étaient, eux aussi, motivés par l'appât de cryptomonnaies, et étaient parvenus à en dérober. "Aucun lien n'est fait entre les deux affaires", précise toutefois le procureur de Bordeaux. Les investigations menées par la JIRS de Bordeaux devront désormais permettre de tracer les flux des cryptoactifs volés près de Toulouse. C'est la première fois que le parquet interrégional bordelais est confronté à des faits criminels commis au préjudice de personnes soupçonnées de posséder des cryptomonnaies. "Ce phénomène, manifestement favorisé par la fuite de données numériques liées aux propriétaires de cryptomonnaies, est apparu en France il y a un peu plus de deux ans et ne cesse depuis de se développer", ajoute Renaud Gaudeul.
Les agressions liées aux cryptomonnaies se multiplient en France. Ce mardi, une mère et son fils enlevés dans l'Yonne ont été libérés dans le Val-de-Marne. En février, trois jeunes hommes ont été mis en examen dans un dossier suivi par la JIRS de Paris après avoir tenté de s'en prendre au PDG de Binance France. Cagoulés et armés, ils s'étaient trompés d'adresse à deux reprises, séquestrant et violentant deux couples à Saint-Mandé (Val-de-Marne) et Vaucresson (Hauts-de-Seine). En janvier 2025, le cofondateur de Ledger, David Balland, et sa compagne avaient été enlevés et séquestrés. Plus récemment, une magistrate grenobloise et sa mère ont également été victimes d'un rapt lié à ce secteur.