Moha La Squale placé en détention provisoire, son procès pour violences renvoyé au 7 août

Poursuivi pour des violences sur une femme rencontrée quelques jours plus tôt, Moha La Squale a été placé en détention provisoire ce vendredi. Son procès a été renvoyé au 7 août prochain.
Moha La Squale placé en détention provisoire, son procès pour violences renvoyé au 7 août
Moha La Squale en juin 2018 sur le plateau de "Clique Dimanche" sur Canal+. (capture écran)
Par Actu17
Le samedi 30 mai 2026 à 11:14

Mohamed Bellahmed, alias Moha La Squale, a été déféré ce vendredi 29 mai au matin devant un magistrat du parquet de Paris, à l'issue de sa garde à vue dans le XVIIIe arrondissement. Son procès a été renvoyé au 7 août prochain et le rappeur a été placé en détention provisoire dans l'intervalle. Il encourt jusqu'à six ans de prison.

Une comparution immédiate était initialement prévue, pour des "violences volontaires suivies d'incapacité n'excédant pas huit jours (5 jours d'ITT) en état d'ivresse manifeste" visant la femme qui avait passé la soirée à son domicile, a précisé le parquet de Paris à Ouest-France. Les juges ont finalement choisi de reporter l'audience au 7 août, dans l'attente d'une expertise psychiatrique de l'intéressé.

D'ici là, le rappeur reste incarcéré. La juridiction a retenu un risque de renouvellement des faits ainsi qu'un risque de pression sur les deux victimes.

L'intéressé doit être jugé notamment pour "violences volontaires" en état d'ivresse et en récidive, ainsi que pour "violences par conjoint". Il est soupçonné d'avoir étranglé la victime et de l'avoir traînée par les cheveux, "en lui écrasant la tête au sol, en lui assénant de multiples coups". Ces faits sont retenus en "récidive légale", l'artiste ayant déjà été condamné pour des faits similaires le 5 juillet 2024.

Le parquet de Paris relève en outre un autre chef de poursuite à l'encontre de l'artiste : une "atteinte à l'intimité par fixation, transmission ou enregistrement d'image présentant un caractère sexuel", visant la même victime. Il lui est reproché d'avoir capté puis partagé des images dénudant sa poitrine.

Des faits survenus en pleine nuit

Les faits se sont produits dans la nuit du 26 au 27 mai 2026, de mardi à mercredi, rue Championnet, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Selon le parquet, "dans la nuit du 26 au 27 mai 2026, la police a été requise rue Championnet par des voisins entendant des bruits de coups et une femme appelant à l'aide". "Personne ne leur ouvrant la porte, ils ont dû forcer l'entrée." À l'intérieur de l'appartement, les fonctionnaires "ont découvert une femme présentant de multiples traces de coups, tandis que le suspect avait pris la fuite par la fenêtre". Interpellé dans la rue, l'homme s'est avéré être Mohamed Bellahmed, qui a été placé en garde à vue, "alcoolisé".

L'élément déclencheur de l'agression aurait été la disparition d'une montre de luxe. La victime a indiqué connaître le mis en cause depuis quelques jours et avoir passé la soirée chez lui avec une autre femme. "Mohamed Bellahmed ne retrouvant plus sa Rolex, il s'en était très violemment pris à elle", a rapporté le parquet, précisant que "des photographies de ses blessures montrent son visage tuméfié". La seconde femme présente au début de la soirée a, elle, ajouté avoir été giflée.

Déjà condamné en 2024 pour des violences conjugales

Mohamed Bellahmed est déjà bien connu de la justice. En septembre 2020, plusieurs jeunes femmes ont porté plainte contre le rappeur, qui s'est retrouvé au cœur du mouvement #BalanceTonRappeur sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris a alors ouvert une enquête pour violences et agressions sexuelles, avant sa mise en examen en juin 2021. L'artiste a ensuite enchaîné les déboires : placement en détention provisoire en juillet 2022 pour violation de son contrôle judiciaire, puis une nouvelle mise en examen pour viol, ajoutée au dossier le même mois.

Assigné à résidence, il a pris la fuite à l'étranger fin 2023, avant d'être arrêté par la police allemande en vertu d'un mandat d'arrêt européen et remis à la France début 2024. Le 5 juillet 2024, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans, pour des faits de violences par conjoint ou concubin, séquestration et menaces de mort sur conjoint ou concubin, commis entre 2017 et 2021 sur six anciennes compagnes. Le rappeur a été libéré le 25 août 2025.