Le jeudi 3 avril 2025 à 16:22
Mohamed Amra, actuellement détenu à l'isolement au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne), s'apprête à déposer plainte contre l’administration pénitentiaire pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique, comme révélé par RTL.
L'avocat de Mohamed Amra, Me Benoît David, a indiqué que les faits se seraient produits le lundi 24 mars, alors que son client, âgé de 30 ans, était réintégré dans sa cellule après une promenade. Le détenu aurait été ramené dans le quartier disciplinaire de l’établissement par trois surveillants. Toujours selon l'avocat, ces derniers lui auraient ordonné de s’allonger au sol sur le ventre, mais Mohamed Amra, menotté dans le dos, aurait refusé, affirmant qu’il "ne comprend pas ce qu’on lui demande", écrit Me Benoît David dans la plainte, consulté par nos confrères.
Me Benoît David affirme que Mohamed Amra a été violemment plaqué au sol, puis piétiné au niveau du bras, de la cheville et du bassin. Le narcotrafiquant aurait ensuite été laissé par terre. D’après l’avocat, son client portait un plâtre à la cheville. Il précise que l’administration pénitentiaire a refusé que le détenu utilise des béquilles, au motif que celles-ci pourraient être utilisées comme arme.
Une plainte doit être déposée "d’ici la fin de la semaine auprès du parquet d’Alençon", selon Me Benoît David cité par 20 Minutes. Par ailleurs, une audience en référé-liberté s’est tenue mercredi matin au tribunal administratif de Caen (Calvados) afin d’obtenir la communication des images de vidéosurveillance captées sur la coursive le jour des faits. L’administration a d’ores et déjà indiqué à l’avocat qu’il pourra consulter ces enregistrements.
«Menotté constamment dans le dos dès qu’il sort de sa cellule»
Me Benoît David a également déposé une requête auprès du juge des libertés et de la détention (JLD) de Paris pour dénoncer des conditions de détention qu’il qualifie d'"indignes". Selon lui, Mohamed Amra est "menotté constamment dans le dos dès qu’il sort de sa cellule", fouillé intégralement deux fois par jour, et sa cellule est fouillée quotidiennement, ce qui entraînerait des "dégradations" régulières. Il affirme également que son client est réveillé toutes les deux heures à partir de 22 heures, et qu’il est escorté à chaque sortie de cellule par quatre surveillants "suréquipés".
L’administration pénitentiaire livre une version radicalement différente : "Le 24 mars en milieu d’après-midi, alors qu’il était réintégré dans sa cellule à l’issue d’une fouille, la personne détenue M. Amra a opposé une résistance aux agents avant de porter deux coups de pied dans une grille de sa cellule. Se plaignant ensuite de douleurs, il a été pris en charge par l’USMP (Unité sanitaire en milieu pénitentiaire) en consultation en fin d’après-midi afin de traiter cette blessure légère".
Mohamed Amra a été mis en examen pour "meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol" en bande organisée, ainsi que pour "association de malfaiteurs", dans l'enquête sur l'attaque mortelle du convoi pénitentiaire à Incarville (Eure), le 14 mai 2024, qui lui a permis de s'évader.